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Publié par Litteratus

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La grande course de Flanagan : une course en sursis

Repères : thème du sport : l’étude

Résumé : dans l’article précédent, nous avons indiqué que le sujet de l’étude s’articulait autour du caractère épique du sport au travers des deux livres suivants :

 

- La grande course de Flanagan de Tom McNab, roman publié en 1982,

- Courir de Jean Echenoz, roman publié en 2008.

 

Dans le premier ouvrage, quatre éléments ont permis de nous faire entrer dans l’univers du récit épique et de faire connaissance avec les personnages principaux de cette course épique. Il s’agit pour l’essentiel d’hommes ordinaires de milieu modeste qui vont se révéler de véritables héros des temps modernes. Mais le caractère épique de ce récit ne se limite pas aux exercices sportifs, l’organisation de la course a connu un certain nombre de péripéties dignes de l’exploit.

****

Menace sur l’idéal olympique 

La Trans-América a suscité des réactions très contrastées depuis son lancement. Si l’on a vu l’engouement général à travers le monde pour cette course atypique, il est temps désormais d’évoquer les menaces qui ont lourdement pesé sur la poursuite de la course. Précisons que l’épreuve sportive a nécessité une immense levée de fonds en provenance à la fois des villes d’étapes et des sponsors. Or le succès de l’opération « financière » a suscité bien des jalousies dans le « petit » monde sportif. D’aucuns ont vu le principe même de l’idéal olympique menacé par la course de Flanagan. On lui a ainsi reproché d’avoir fait naître un fâcheux précédent, celui d’avoir mis sur pied une épreuve sportive professionnelle. On conçoit mal le mélange des genres, le sport et l’argent.

 

Dès lors, les obstacles de toutes sortes vont n’avoir de cesse de se dresser au fil des kilomètres. Pour Flanagan, à la base un affairiste à la réputation douteuse, c’est aussi l’occasion de montrer sa propre valeur. Il faut dire que rien ne lui sera épargné : on lui retire çà et là  son financement ; ses fournisseurs le lâchent ; l’entreprise de restauration menace de quitter la course laissant les athlètes sans nourriture. Flanagan est toujours sur la brèche. Heureusement, cette épreuve n’est décidément pas comme les autres, les solutions de fortune permettent cahin-caha à la course de se poursuivre, les coureurs y mettant même à l’occasion de leur proche !

 

Flanagan finit par révéler toute sa rancœur au membre du comité olympique américain :

« Depuis le Mojave, ce n’est plus une course de plat, que nous courons. C’est une foutue course d’obstacles, complètement dingues et sans aucune règle. Bon sang, depuis six semaines, la Trans-América ressemble à un désastre ambulant. Les catastrophes naturelles- la pluie dans le Mojave, la neige dans les Rocheuses- passent encore. Si vous et vos copains y êtes pour quelque chose, c’est que vous communiquez avec le Tout-Puissant Lui-même. Mais le reste n’a été qu’un jeu de corruption à tous les niveaux, avec tous les coups permis ; »  (page 517)

  

Menace sur la poursuite de la course

La Banque de dépôt de la Course a du jour au lendemain fermé ses portes ; les fonds de la Trans-América restants ne sont plus disponibles. C’est l’ultime péripétie qui affecte le déroulement de la course. On est encore à quelques kilomètres de New York et les coureurs qui en ont déjà effectué plus des deux tiers ne veulent pas abandonner cette épreuve mythique. Si l’argent a été le moteur de leur participation initiale, le maintien dans la Trans-América a transcendé leurs simples préoccupations matérielles. Ils veulent coûte que coûte la finir pour l’honneur. Mais l’affaire semble bien compromise.

 

Un généreux mécène finit enfin par apporter les fonds en exigeant un changement dans le règlement de la course. L’argent ira désormais au seul vainqueur du marathon de New York, le classement précédent des athlètes étant purement et simplement annulé. En résumé, il s’agit de ne tenir pour rien les cinq mille kilomètres déjà effectués. L’exigence est évidemment rude à accepter mais tous les athlètes se révèlent là encore des héros dans l’âme : la beauté du sport avant tout !

 

Repères à suivre : la victoire de la Grande course de Flanagan (McNab)

 

 

Commenter cet article

lizagrèce 18/02/2014 19:30

Les athlètes semblent parfois n'être que des pions au service des états qui se servent des Jeux pour montrer leur supériorité aux autres. Dommage ! car pour atteindre leurs performances il faut travailler, voire même à l'encontre de son propre corps qui s'usera avant l'âge.

litteratus 19/02/2014 20:49

ils sont en effet instrumentalisés malgré eux...