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Publié par Litteratus

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Le roman d'exploration : Edgar Poe

Repères : thème de l’île : présentation

Le seul roman d'Edgar Poe

Après avoir abordé l’origine du mythe de Robinson Crusoé, découvrons aujourd’hui la richesse de ces récits d’explorations en la compagnie d’Edgar Poe (1809-1849). Connu largement pour ses nouvelles, ce dernier a publié en 1838 un  seul roman, les aventures d’Arthur Gordon Pym.

Cet ouvrage atypique n’a pas rencontré les faveurs de la critique guère habituée au récit d’aventures. Il a ouvert pourtant la voie à d’autres possibilités de récits comme ceux de Jules Verne.

Voyons aujourd’hui un extrait de ces aventures qui se situent dans les îles de Tristan da Cunha, situées dans l’océan Atlantique, à proximité de l'île Sainte Hélène.

 

Découvrons aujourd’hui les observations du narrateur du spectacle qu'il a sous ses yeux  :

 

***

"Le 12, nous partîmes de Christmas Harbour, en revenant sur notre route à l’ouest, et laissant à bâbord l’île Marion, une des îles de l’archipel Crozet. Nous passâmes ensuite l’île du Prince-Édouard, que nous laissâmes aussi sur notre gauche ; puis, gouvernant plus au nord, nous atteignîmes en quinze jours les îles de Tristan d’Acunha, situées à 37° 8′ de latitude sud et 12° 8′ de longitude ouest.

Ce groupe, si bien connu aujourd’hui, et qui se compose de trois îles circulaires, fut découvert primitivement par les Portugais, visité plus tard par les Hollandais en 1643, et par les Français en 1767. Les trois îles forment ensemble un triangle et sont distantes l’une de l’autre de 10 milles environ, laissant ainsi entre elles de larges passes. Dans toutes les trois, la côte est très-haute, particulièrement à celle proprement dite Tristan d’Acunha. C’est l’île la plus grande du groupe : elle a 15 milles de circonférence, et elle est si élevée que par un temps clair on peut l’apercevoir d’une distance de 80 ou 90 milles. Une partie de la côte vers le nord s’élève perpendiculairement au-dessus de la mer à plus de 1000 pieds. À cette hauteur il existe un plateau qui s’étend presque jusqu’au centre de l’île, et de ce plateau s’élance un cône semblable au pic de Ténériffe. La moitié inférieure de ce cône est revêtue d’arbres assez gros, mais la région supérieure est une roche nue, ordinairement cachée par les nuages et recouverte de neige pendant la plus grande partie de l’année. Il n’y a aux environs de l’île ni hauts-fonds ni dangers d’aucune espèce ; les côtes sont singulièrement nettes et hardiment coupées, et les eaux sont profondes. Sur la côte du nord-ouest se trouve une baie, avec une plage de sable noir, où un canot peut facilement atterrir pourvu qu’il ait pour lui une brise du sud. On y trouve sans peine d’excellente eau en abondance, et l’on y pêche à l’hameçon et à la ligne, la morue et autres poissons.

L’île la plus grande après celle-ci, et le plus à l’ouest du groupe, s’appelle l’Inaccessible. Sa position exacte est par 37° 7′ de latitude sud et 12° 24′ de longitude ouest. Elle a 7 ou 8 milles de circuit, et se présente de tous côtés sous l’aspect d’un rempart à pic. Le sommet est parfaitement aplati, et tout le pays est stérile ; rien n’y vient, excepté quelques arbustes rabougris.

L’île Nightingale, la plus petite et la plus au sud, est située à 37° 26′ de latitude sud et 12° 12′ de longitude ouest. Au large de son extrémité sud se trouve un récif assez élevé formé de petits îlots rocheux ; on en voit encore quelques-uns de semblable aspect au nord-est. Le terrain est stérile et irrégulier, et une vallée profonde traverse l’île en partie.

Les côtes de ces îles abondent, dans la saison favorable, en lions marins, éléphants marins, veaux marins et phoques à fourrure, ainsi qu’en oiseaux océaniques de toute sorte. La baleine aussi est fréquente dans le voisinage. La facilité avec laquelle on s’emparait autrefois de ces différents animaux fit que ce groupe fut, dès sa découverte, fréquemment visité. Les Hollandais et les Français y vinrent souvent et dès les premiers temps. En 1790, le capitaine Patten, commandant le vaisseau Industry, de Philadelphie, fit un voyage à Tristan d’Acunha, où il resta sept mois (d’août 1790 à avril 1791), pour recueillir des peaux de veaux marins. Durant cette période, il n’en ramassa pas moins de cinq mille six cents, et il affirme qu’il n’aurait pas eu de peine à faire en trois semaines un chargement d’huile pour un grand navire. À son arrivée, il ne trouva pas de quadrupèdes, à l’exception de quelques ægagres, ou chèvres sauvages ; maintenant l’île est fournie de tous nos meilleurs animaux domestiques, qui y ont été successivement introduits par les navigateurs."

 

Les aventures d’Arthur Gordon Pym, Poe (traduction Baudelaire)

http://fr.wikisource.org/wiki/Aventures_d%E2%80%99Arthur_Gordon_Pym/Les_%C3%8Eles_introuvables

 

Repères à suivre : présentation : L’île au trésor (Stevenson)

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