Présentation

Le thème du mois :

Le thème de la Justice

Le dossier du mois

La Justice

Le coin des livres

Feuilleton

Recherche

Syndication

  • Flux RSS des articles

Profil

  • : LITTERATUS
  • Gazette Littéraire
  • : un seul objectif avec ce blog : promouvoir l'étude d'œuvres littéraires, les rendre accessibles à tous.
  • : FRANCE GRANDE BRETAGNE
Jeudi 29 octobre 2009 4 29 /10 /2009 08:09

La Gazette vous permet de parcourir une lettre célèbre écrite par une mère à sa fille. Redécouvrez la qualité littéraire d'une correspondance qui est parvenue jusqu'aux oreilles de Louis XIV qui, dit-on, en demanda la production...

 

Une violation du secret de la correspondance ? Pas vraiment puisque ces lettres ont été révélées avec l'assentiment de son auteur au public.

 


Un petit trésor à lire : de l'émotion et de la profondeur de vue !

 






« Vous me demandez, ma chère enfant, si j’aime toujours bien la vie. Je vous avoue que j’y trouve des chagrins cuisants ; mais je suis encore plus dégoûtée de la mort : je me trouve si malheureuse d’avoir à finir tout ceci par elle que si je pouvais retourner en arrière je ne demanderais pas mieux. Je me trouve dans un engagement qui m’embarrasse : je suis embarquée dans la vie sans mon consentement ; il faut que j’en sorte, cela m’assomme ; et comment en sortirai-je ? Par où ? Par quelle porte ? Quand sera-ce ? En quelle disposition ? Souffrirai-je mille et mille douleurs, qui me feront mourir désespérée ? Aurai-je un transport au cerveau ? Mourrai-je d’un accident ? Comment serai-je avec Dieu ? Qu’aurai-je à lui présenter ? La crainte, la nécessité feront-elles mon retour vers lui ? N’aurai-je aucun autre sentiment que celui de la peur ? Que puis-je espérer ? Suis-je digne du paradis ? Suis-je digne de l’enfer ? Quelle alternative ! Quel embarras ! Rien n’est si fou que de mettre son salut dans l’incertitude ; mais rien n’est si naturel, et la sotte vie que je mène est la chose du monde la plus aisée à comprendre. Je m’abîme dans ces pensées, et je trouve la mort si terrible que je hais plus la vie parce qu’elle m’y mène que par les épines qui s’y rencontrent. Vous me direz que je veux vivre éternellement. Point du tout ; mais si on m’avait demandé mon avis, j’aurais bien aimé à mourir entre les bras de ma nourrice : cela m’aurait ôté bien des ennuis et m’aurait donné le ciel bien sûrement et bien aisément ; mais parlons d’autre chose. (...) »


Lettre de Madame de Sévigné du 16 mars 1672 à sa fille, source Wikisource.

 

Par LITTERATUS - Ecrire un commentaire - Publié dans : Vers et prose
Recommander - Voir les 2 commentaires
Retour à l'accueil
Créer un blog sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés