








Le fait de se moquer des autres lorsque ce n'est pas se moquer tout simplement du monde, c'est une occupation partagée par l'humanité toute entière. Il est plus ardu de se moquer de soi-même, de prendre une distance suffisante pour participer au concert des rires que l'on a provoqués à tort ou à raison...
Certains vont même jusqu'à rire d'eux-mêmes dans des circonstances de la vie qui ne prêtent guère à sourire ? La mort. Lisez les épitaphes* célèbres rédigées avec humour par les trois personnages suivants.
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1. épitaphe de Alexis Piron, poète et auteur dramatique français du 18ème siècle :
"Ci-gît, qui ? Quoi ? Ma foi, personne, rien.
Un qui vivant, ne fut valet ni maître :
juge, artisan, marchand, praticien,
Hommes des champs, Soldat, Robin, ni prêtre,
marguillier, même académicien,
Ni frimaçon, il ne voulut rien être.
Et véquit nul : en quoi certes, il fit bien
car après tout, bien fou qui se propose,
venu de rien et revenant à rien
d'être en passant ici-bas quelque chose;
Pour le soulagement des mémoires et pour le mieux, j'ai cru devoir réduire
cette épitaphe à deux vers :
Ci-gît Piron (1689-1773)
Qui ne fut rien,
Pas même académicien!"
2. épitaphe de Marc-Antoine Desaugiers, compositeur (1742-1793)
"Ci-gît, hélas! sous cette pierre
Un bon vivant, mort de la pierre
Passant, que tu sois Paul ou Pierre,
Ne va pas lui jeter la pierre !"
3. épitaphe de Paul Léautaud, écrivain français (1872-1956)
"Ci-gît Paul Léautaud
Plus connu, Maurice Boissard.
Quand on l'enterra : " C'est bien tôt ",
Dirent quelques-uns, mais à part,
Beaucoup pensèrent : "C'est bien tard".
*épitaphes : inscriptions mortuaires destinées à se souvenir d'une personne décédée.
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