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Publié par Litteratus

Les entreprises de séduction de Théodore de Lauzun (3)

 

Repères : thème du mariage : le feuilleton

 

Résumé : Théodore de Lauzun se fait des relations plutôt que des amitiés dans ce Paris du début des années folles. Son programme de réjouissances tient en trois mots : des spectacles, des soupers, des femmes. Ces dernières, il les a toujours regardées de loin comme un sujet de curiosité, un peu plus pour être honnête...


Il pénétre mieux le monde mystérieux de la féminité : il rencontre Marguerite Courtot qui l'impressionne avant de se sentir prêt à lui faire la cour...

  ***

 

La déclaration

Théodore se lança tête baissée dans sa conquête. Elle le vit venir et fit semblant de ne pas l'agréer complètement. Il se vit en concurrence avec d'autres prétendants. Le jeu n'était pas juste. Il était le seul abîmé. Là où certains proposaient de se lancer dans des parties de tennis, lui restait sur le banc, se renfrognait de dépit. On voyait les efforts louables qu'il effectuait pour ne pas se laisser aller à la colère. Il restait là, attendant son tour pour capter l'attention de la jouvencelle. Cette dernière ne lui facilitait pas la tâche. Elle le laissait faire, un peu cruelle dans son indifférence feinte alors qu'elle le trouvait si touchant dans cette incommunicabilité apparente. Marguerite le comprenait d'un regard. Mais elle attendait qu'il se découvre pour elle. Idéaliste, elle voulait vivre une histoire d'amour hors-norme. En la regardant, il savait qu'elle était à lui de toute éternité. Il lui restait à se déclarer. Chose plus facile à dire qu'à faire. La jeune fille n'était jamais seule. La perspective de se voir refuser retint aussi notre personnage. Il disparut pour mieux réfléchir. Ces trois jours d'absence furent les plus longs qui soient pour la jeune fille qui crut avoir tout fait échouer. Qui joue perd...


Au cours d'une soirée du mois de juin 1919, Théodore arriva lorsque la fête battait son plein. Il vit Marguerite en bonne compagnie. Il ne la salua pas ; elle en éprouva du dépit. Toute la soirée, elle sembla ignorée voire dédaignée du jeune homme qui, au contraire, était le phare de toutes les attentions. Obligée de donner le change, la jeune fille pleurait intérieurement. Cet homme incroyable n'était pas pour elle. Elle aima même ses discours anarchistes qui étaient pourtant loin de ses convictions. Mais qu'avait-elle vécu pour savoir si ce qu'un jeune homme blessé à la guerre avait le droit de dire ? pensa-t-elle. Elle l'en aima davantage. Elle le prenait tel qu'il était. Elle renonçait à ce chemin qu'elle avait voulu lui voir emprunter. Elle ne pouvait l'approcher, il lui sembla si loin d'elle. Elle préféra partir pour moins souffrir. Elle prit son manteau et commença à faire ses adieux lorsqu'il se mit devant elle, lui bloquant le passage. Il n'était plus que tous deux perdus dans l'immensité de la fête. Elle pleurait, il la consolait. Il lui dit qu'il ne voulait pas qu'elle parte, qu'elle le quitte. " Marions-nous" lui déclara-t-il. En guise de réponse, elle se blottit contre lui.


Les fiançailles

Les fiançailles furent célébrées à l'été 1919. Enfin une bonne nouvelle depuis le retour du front de Théodore de Lauzun. La jeune fille plut aux parents du fiancé qui trouvèrent en Marguerite une jeune fille bien éduquée. "qu'elle ne soit pas noble" pensa Martial dont la vanité restait intacte. Il pensa que se marier est une étape dans l'établissement du jeune homme. Les folies de son fils n'auraient plus cours lorsqu'il serait chargé de famille. De leur côté, les parents de la jeune fiancée furent ravis du choix de leur fille qui dépassait de beaucoup leurs espérances. Le jeune homme allait assurer à leur fille une vie bien confortable. Il y avait tout lieu de se réjouir. On avait pris quelques renseignements et appris que le jeune homme tenait bien des propos anarchistes. Mais il rentrerait dans le rang avec leur fille. On ne s'en émut pas davantage.


Cette période de fiançailles furent celle où le jeune homme tout à son bonheur finit néanmoins son manuscrit. Il puisait dans l'amour inconditionnel de Marguerite la force de boucler son premier roman. Il lui en lut des passages : elle l'écouta, lui fit des remarques judicieuses. Il amenda son opus en tenant compte de ses observations. La vigueur des attaques contre la société ne la heurtait plus ; elle y trouvait du génie. Elle le soutenait dans tout. Elle aurait en effet à faire montre de tout son amour lorsque le livre parut à l'automne 1919....

 

Repères à suivre : le feuilleton : le mariage de Théodore de Lauzun


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