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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Les animaux du monde littéraire : la fable du lion et de la mouche ( La Fontaine)

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Quittons l'univers du conte pour celui de la fable.

La Gazette n'aurait pas pu omettre de présenter une fable de La Fontaine dans le cadre de notre tour d'horizon  littéraire consacré à nos amis, les bêtes.

Au préalable, il convient de donner des gages de gratitude à Esope, auteur de l'antiquité de la fable « le cousin et le lion (http://fr.wikisource.org/wiki/Fables_d%E2%80%99%C3%89sope/Le_Cousin_et_le_Lion) » qui a inspiré celle qui vous est aujourd'hui présentée.

Quelle morale ? on pourrait conclure que nul n'est ...invincible !

***

"Le Lion et le Moucheron.


Va-t-en chétif insecte, excrément de la terre.
C’est en ces mots que le Lion
    Parlait un jour au Moucheron.
    L’autre lui déclara la guerre.
Penses-tu, lui dit-il, que ton titre de Roi
    Me fasse peur, ni me soucie ?
    Un bœuf est plus puissant que toi ;
    Je le mène à ma fantaisie.
    A peine il achevait ces mots,
    Que lui-même il sonna la charge,
    Fut le Trompette et le Héros.
    Dans l’abord il se met au large ;
    Puis prend son temps, fond sur le cou
    Du Lion qu’il rend presque fou.
Le quadrupède écume, et son œil étincelle ;
Il rugit, on se cache, on tremble à l’environ :
    Et cette alarme universelle
    Est l’ouvrage d’un Moucheron.
Un avorton de Mouche en cent lieux le harcelle,
Tantôt pique l’échine, et tantôt le museau,
    Tantôt entre au fond du naseau.
La rage alors se trouve à son faîte montée.
Invincible ennemi triomphe, et rit de voir
Qu’il n'est griffe ni dent en la bête irritée,
Qui de la mettre en sang ne fasse son devoir.
Le malheureux Lion se déchire lui-même,
Fait résonner la queue à l’entour de ses flancs,
Bat l’air qui n’en peut mais ; et sa fureur extrême
Le fatigue, l'abat : le voilà sur les dents.
L’insecte du combat se retire avec gloire :
Comme il sonna la charge, il sonne la victoire ;
Va par tout l’annoncer ; et rencontre en chemin
    L’embuscade d’une araignée.
    Il y rencontre aussi sa fin.
Quelle chose par là nous peut être enseignée ?
J’en vois deux, dont l’une est qu’entre nos ennemis,
Les plus à craindre sont souvent les plus petits ;
L’autre, qu’aux grands périls tel a pu se soustraire,
    Qui périt pour la moindre affaire."

 

Fables, livre II, fable 9, La Fontaine

http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Lion_et_le_Moucheron

 

Si vous avez aimé cet article, vous aimerez peut-être La justice humaine (VIII) : les jugements de cour (La Fontaine)

 

 

 

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lyly 10/02/2011 19:38



Honte à moi, je ne connaissais pas cette fable !


Mais grâce à toi c'est réparé


Alors, MERCIIII



Litteratus 10/02/2011 19:47



Il y en a tant chez La Fontaine que l'on ne connaît pas...



lizagrèce 09/02/2011 12:56



Je disais ça comme ça, pour rire...



Litteratus 10/02/2011 13:30



bien sûr !



lizagrèce 08/02/2011 22:53



 Les petits sont hargneux surtout quand ils sont chefs d'état...



Litteratus 09/02/2011 08:37



Je ne vois pas à qui tu veux faire référence ....



AS 08/02/2011 12:54



Je connais une autre version tout aussi amusante :


Extrai des Malheures du lion / Thomas fersen


"Eh petit je suis le lion. Allez, va jouer au ballon !
Tu peut t'éponger le front, avoir les jambes en coton,
Ici c'est moi le patron, c'est moi qui donne le ton.
Tu zézayes, tu grésilles et tu tournes autour des filles,
Un conseil tiens toi tranquille
Ou tu vas t'asseoir sur le grill.
T'es épais comme une fourmi
Et tu veux t'battre avec mi!
Allez, sois raisonnable, je suis trop fort.
Si tu t'en prends à la pègre
Tu finiras dans l'vinaigre,
Allez, tiens-toi tranquille, sinon t'es mort."

Le lion n'a rien vu venir
Le moucheron sans prévenir,
Lui a mis un coup d'bâton à la pointe du menton.
Il n'en revient pas le lion, et ce n'est qu'un échantillon :
Un coup dans les testicules,
"ça c'est de la part de Jules!
J'aime pas tellement qu'on m'bouscule
Quand j'me rince les mandibules."

Cette histoire est une fiction. Moi j'ai rencontré le lion.
J'lui ai mis, c'est ridicule, un coup dans les testicules,
Il m'a dévoré tout cru au beau milieu de la rue.
Je grésille, je zézaye, et dans mon dos j'ai des ailes,
J'ai l'éternité au ciel grâce à mon exploit de la veille.


Avec la musique, c'est encore plus délicieux ...



Litteratus 08/02/2011 14:23



voilà la musique qui manquait  :


http://www.youtube.com/watch?v=VpnZ-1HUmLM&feature=related



flora 08/02/2011 11:17



Esope, inspirateur de tant d'autres, plus tard!


La Fontaine, implacablement efficace! Dire que dans ma jeunesse, j'ai été très agacée par ses chutes moralisatrices... C'était sans doute par instinct de rébellion du à cet âge!



Litteratus 08/02/2011 14:25



Ce n'est définitivement pas pour les enfants...