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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Les animaux du monde littéraire : l'effroyable pieuvre (Jules Verne)

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Poursuivons notre tour d'horizon des animaux qui ont peuplé la littérature avec un extrait d'une oeuvre très célèbre de Jules Verne.

(Re)découvrons le spectacle dispensé aux marins du Nautilus par un effroyable monstre marin .

L'existence de cette bête au travers des récits déjà entendus leur semblait jusqu'alors tellement irréelle.

Un spectacle plein d'effroi s'offre dès lors à eux...

***

 

"Eh bien ! n'en déplaise à monsieur, répondit tranquillement Conseil, si ce n'est pas le calmar de Bouguer, voici, du moins, un de ses frères. " Je regardai Conseil. Ned Land se précipita vers la vitre. " L'épouvantable bête ", s'écria-t-il. Je regardai à mon tour, et je ne pus réprimer un mouvement de répulsion. Devant mes yeux s'agitait un monstre horrible, digne de figurer dans les légendes tératologiques. C'était un calmar de dimensions colossales, ayant huit mètres de longueur. Il marchait à reculons avec une extrême vélocité dans la direction du Nautilus. Il regardait de ses énormes yeux fixes à teintes glauques. Ses huit bras, ou plutôt ses huit pieds, implantés sur sa tête, qui ont valu à ces animaux le nom de céphalopodes, avaient un développement double de son corps et se tordaient comme la chevelure des furies. On voyait distinctement les deux cent cinquante ventouses disposées sur la face interne des tentacules sous forme de capsules semisphériques. Parfois ces ventouses s'appliquaient sur la vitre du salon en y faisant le vide. La bouche de ce monstre - un bec de corne fait comme le bec d'un perroquet - s'ouvrait et se refermait verticalement. Sa langue, substance cornée, armée elle-même de plusieurs rangées de dents aiguës, sortait en frémissant de cette véritable cisaille. Quelle fantaisie de la nature ! Un bec d'oiseau à un mollusque ! Son corps, fusiforme et renflé dans sa partie moyenne, formait une masse charnue qui devait peser vingt à vingt-cinq mille kilogrammes. Sa couleur inconstante, changeant avec une extrême rapidité suivant l'irritation de l'animal, passait successivement du gris livide au brun rougeâtre. De quoi s'irritait ce mollusque ? Sans doute de la présence de ce Nautilus, plus formidable que lui, et sur lequel ses bras suceurs ou ses mandibules n'avaient aucune prise. Et cependant, quels monstres que ces poulpes, quelle vitalité le créateur leur a départie, quelle vigueur dans leurs mouvements, puisqu'ils possèdent trois cœurs ! Le hasard nous avait mis en présence de ce calmar, et je ne voulus pas laisser perdre l'occasion d'étudier soigneusement cet échantillon des céphalopodes. Je surmontai l'horreur que m'inspirait cet aspect, et, prenant un crayon, Je commençai à le dessiner. "

 

Vingt mille lieues sous les mers, Jules Verne

source : http://fr.wikisource.org/wiki/Vingt_mille_lieues_sous_les_mers/Partie_2/Chapitre_18

 

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Oktopus 20/06/2014 17:02

Moi, mon sujet de TPE de l'année prochaine (je serais en 1ere Littéraire), c'est l'évolution du poulpe dans la littérature d'horreur/fantastisque. Au programme : Lovecraft, Verne, Lautréamont.
Je sens que je vais m'amuser!!

ASP 16/02/2011 13:28



Quelle description ! Avec "un peu" de talent artictique, on pourrait facilement reproduire le dessin de ce monstre des mers ! pauvre poulpe, le décrire comme un mosntre aolrs qu'il n'y a rien de
plus inoffensif et ... de plus intelligent dans ce monde maritime !



Litteratus 20/02/2011 17:33



le pouvoir de la fiction...



lizagrèce 12/02/2011 13:36



Ces bêtes-là je ne les aime que grillées ou avec une sauce au vin .



Litteratus 13/02/2011 18:03



chacun ses goûts....