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Gazette littéraire

Le voyage en avion au pays des rubis (Kessel)

 

   

 

 

La Gazette qui s'est toujours passionnée pour les grands espaces a proposé en 2009 de lire une œuvre magnifique pleine d'évasion : la vallée du rubis de Joseph Kessel*.

 

Précisons l'intrigue : le narrateur passionné de voyages retrouve son camarade de guerre, Jean, devenu marchand de pierres précieuses. Ce dernier semble toujours prêt à lui proposer d'entamer une expédition lointaine pleine de dangers. L'objet du voyage? La recherche de rubis à la perfection légendaire : « Car, en vérité, à travers le monde immense, sur toute l'étendue de la croûte terrestre, nul n'a jamais trouvé, nul n'a jamais connu -depuis que l'humanité a de la mémoire- un autre lieu pour receler les pierres qui ont à la fois la couleur de la flamme pure et du sang léger. » (page 14)

 

Ces rubis fabuleux proviennent d'une région mystérieuse et isolée de Birmanie pleine de périls que l'on ne peut parcourir sans y être invité tant l'endroit renferme une richesse incroyable. Mogok. La légende raconte que l'aigle le plus grand de l'univers méprisait toutes les proies qu'il avait dévorées jusqu'au jour où son regard perçant se fixa sur un point particulier : « Un énorme morceau de chair fraîche brillait au flanc d'une colline. Et cette chair était d'une telle qualité que jamais le vieil aigle n'en avait vu de pareille - lui qui depuis si longtemps chassait au-dessus du monde sans limites.(...) Alors le vieil aigle comprit. Ce n'était pas un quartier de viande qui scintillait dans l'herbe de la colline, mais une pierre miraculeuse et sacrée (...) » (page 77)

 

Assoiffés d'aventures, nos deux protagonistes prendront la direction de Londres, de Bombay, de Rangoon, de Mogok. Le récit particulier d'un vol de trésor de rubis et de saphirs constitué par un bandit reconverti va les tenir en haleine. Le danger est néanmoins partout : « Une mince brèche, aménagée dans le rideau de mousse, servait de sortie au terrain d'aviation. Comme je m'y engageais, le mouvement d'un buisson, me fit tressaillir. Au creux des épineux, se cachait, vêtu de toile vert olive et coiffé d'un large chapeau qui ressemblait à celui des soldats australiens, un birman armé d'un fusil. En regardant mieux, j'en aperçus d'autres, confondus avec les arbustes sur tout le pourtour du terrain, qui tenaient- et prêts à s'en servir-soit une carabine, soit un mousqueton, soit une mitraillette. » (page 69)

 

La prudence devra être de mise pour nos deux voyageurs habités par la quête de ce trésor. Ils vont découvrir un pays magnifique avec ses coutumes ancestrales. Des récits captivants vont alors s'emboîter tout en se fondant merveilleusement dans l'intrigue... Au chapitre 17 de l'œuvre, nos voyageurs doivent repartir sans avoir résolu l'énigme qui leur tient à cœur. Ce n'est que dans le bruit des moteurs ronflants de l'avion que le voile va se lever dans un suspense remarquable. Ce voyage laissera des traces dans la mémoire du narrateur qui conclut : « Mais que m'importaient ces pierres, mêmes les plus précieuses, ces cailloux, même les plus rares et de la teinte du sang le plus pur ! Ce qui tout à coup m'étreignait d'une nostalgie invincible, c'était le souvenir, déjà le souvenir, du petit peuple enfermé dans sa vallée close. » (page 253)


Une invitation à l'évasion la plus complète...

 

 


 * folio, février 1994

 

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