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Gazette littéraire

Le sport, une vertu (Bentzon)

Repères : thème du sport : vers et prose 

Le sport, exercice du corps et de l'esprit

Fonction sociale so british

Dans l’article précédent, nous avons évoqué l’étymologie anglaise du mot  sport. Restons avec nos amis britanniques et voyons en quoi leur conception du sport est différente de la nôtre. Il vous est proposé cette étude comparative d’un auteur de la fin du XIXème siècle. On s’aperçoit que le sport a envahi la littérature anglaise car il dépasse ce que l’on peut prendre pour un simple amusement. Le sport joue une fonction sociale et permet de faire valoir ses talents et sa vertu…

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« Bien que le sport soit en progrès chez nous depuis un demi-siècle environ, nous ne saurions prétendre qu’il ait réussi à s’acclimater au point de faire partie, comme en Angleterre, du caractère même de la nation et de son organisation tant sociale que politique. Il reste ici, quoi qu’on en dise, un simple amusement, un spectacle, sous son nom d’outre-Manche, auquel nous n’avons pas su trouver d’équivalent ; il n’est point entré profondément dans nos mœurs, il ne compte point parmi nos institutions populaires. (…)

Les exercices qui tiennent une si grande place dans la vie de nos voisins se retrouvent nécessairement dans leur littérature, ce reflet des mœurs. Sans parler des recueils périodiques spéciaux rédigés avec beaucoup de talent, ni des chansons de ménestrels colportées dans les courses on peut dire qu’il n’est pas un écrivain anglais que le son du cor, les aboiemens de la meute, l’excitation du steeple-chase, n’aient inspiré au moins une fois. Chez nous, les épisodes de chasse et de course ne sortent guère du cadre de deux ou trois journaux assez peu répandus ; de l’autre côté de la Manche au contraire, ils se glissent dans presque tous les ouvrages d’imagination, et aucun héros n’aurait chance de séduire les jeunes filles, ni d’intéresser le lecteur, s’il n’était capable, comme Jack Brooke, des Brookes de Bridlemere, de franchir une barrière avec l’agilité gracieuse d’un cheval de course, prouesse qui lui vaut d’ailleurs la préférence d’une beauté dédaigneuse, lady Julia. « Il ne sait pas danser, mais, bon Dieu ! comme il saute ! quel grand air il a dans sa vieille veste de chasse et ses guêtres de cuir ! C’est un homme ! » Sans aller jusqu’à soutenir que les muscles soient nécessaires à la vertu, nous reconnaissons volontiers que dans maintes circonstances un corps robuste est l’auxiliaire le plus puissant d’une âme saine."

Le roman du sport en Angleterre- Whyte Melville, Bentzon in Revue des Deux Mondes  Tome 3, 1874

http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Roman_de_sport_en_Angleterre,_Whyte_Melville

Repères à suivre : où il est question du développement du corps 

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