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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Le refus de toute démagogie (Coriolan, Shakespeare)

Repères : thème du pouvoir : l'étude

Dans l'article précédent, il a été montré que le comportement plein de morgue du jeune Coriolan conduit à offenser les tribuns qui n'attendaient qu'un prétexte pour éliminer ce héros gênant dans la revendication du pouvoir.

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Le rejet de toute forme de démagogie

D'une manière simpliste, des citoyens influencés par les tribuns considèrent à cet égard qu'un homme qui ne sollicite pas de manière sincère les suffrages du peuple le bafoue. Ils décident alors de revenir sur le processus d'élection de Coriolan aux fonctions de Consul.

Ils excitent en outre le peuple qui se déchaîne contre le héros auparavant adulé.

Lucide, Coriolan comprend que le peuple est instrumentalisé et qu'il s'agit d'un coup monté contre lui. Il se lance alors dans une longue diatribe contre le système de représentation de la Plèbe :

«(...) Là où l'autorité est ainsi partagée; là où un parti méprise l'autre avec raison, et où l'autre insulte sans motif; là où la noblesse, les titres, la sagesse ne peuvent rien accomplir que d'après le oui et le non d'une ignorante multitude, on omet mille choses d'une nécessité réelle, et l'on cède à une inconstante légèreté. De cette contradiction à tout propos, il arrive que rien ne se fait à propos. Je vous conjure donc, vous qui avez plus de zèle que de crainte, qui aimez les bases fondamentales de l'État, et qui voyez les changements qu'on y introduit; vous qui préférez une vie honorable à une longue vie, et qui êtes d'avis de secouer violemment par un remède dangereux un corps qui, sans ce remède, doit périr inévitablement; arrachez donc la langue de la multitude, qu'elle ne lèche plus les douceurs qui l'empoisonnent. Votre déshonneur est une injure faite au bon sens; elle prive l'État de cette unité qui lui est indispensable, et lui ôte tout pouvoir de faire le bien, tant le mal est puissant. » (acte III, scène 1)

 

Les griefs opposés par Coriolan

Le fondement de la démocratie est ainsi fustigé par Coriolan pour des motifs liés à l'ignorance crasse du peuple qu'il faut flatter et à l’émergence de revendications d'intérêts particuliers.

L'unité de la Cité est ainsi mise à mal. Les mots téméraires employés par Coriolan signent là son arrêt de mort. On assiste dès lors à un déferlement de violence verbale... 

Repères à suivre : l'étude : Coriolan, héros vertueux dans un régime imparfait

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flora 22/01/2012 21:22


L'un et l'autre comportement cache un véritable mépris de la "multitude"...

Litteratus 23/01/2012 21:17



D'une certaine manière,  Coriolan méprise le peuple !