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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Le pouvoir de l'argent (Marx)

Quel est donc le pouvoir de l'argent ? Celui de transformer la réalité, notamment en rendant beau, intelligent...Relisez le texte de Marx d'une actualité toujours brûlante...

 

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repère : thème de l'argent : présentation

Dans l'article précédent, nous avons vu le rapport compliqué que Rousseau entretient avec l'argent. Il est temps de nous intéresser à un théoricien économique majeur du XIXe siècle, Karl Marx. Nous avions publié un texte intéressant dans le cadre d'un thème consacré à la finance. On pouvait y lire une dénonciation de l'aristocratie financière

Aujourd'hui, il sera question d'une approche psychologique de l'argent vue par Marx. 

Argumentation

Marx nous livre une argumentation directe puisque ce sont ses propres observations et réflexions qui nous sont livrées. Il n'est pas question de grande théorie, mais d'observations fines saisies sur le vif qui sont destinées à nous convaincre. Il recourt aux connecteurs logiques pour asseoir sa démonstration qui est en effet implacable. Quel est donc le pouvoir de l'argent ?

Le Pouvoir de l'Argent

Marx s'appuie sur la littérature et sur une pièce de théâtre de Shakespeare, Timon d'Athènes, pour étayer son propos. Il débute en relevant que l'argent est primordial dans notre être et dans nos relations sociales. Il emploie des tournures qui frappent l'esprit.

Marx fait l'association entre ce que je suis et ce que je possède. On ne sera pas étonné de voir que l'argent rend beau, rend intelligent etc. L'argent transforme finalement la vérité en fonction de la réalité économique.

Toute-puissance de l'argent


"L'argent, qui possède la qualité de pouvoir tout acheter et de s'approprier tous les objets, est par conséquent l'objet dont la possession est la plus éminente de toutes. Universalité de sa qualité est la toute-puissance de son être ; il est donc considéré comme l'être tout-puissant. L'argent est l'entremetteur entre le besoin et l'objet, entre la vie et le moyen de vivre de l'homme. Mais ce qui me sert de médiateur pour ma propre vie me sert également de médiateur pour l'existence d'autrui. Mon prochain, c'est l'argent.
Shakespeare dans Timon d'Athènes :
De l'or ! De l'or jaune, étincelant, précieux ! Non, dieux du ciel, je ne suis pas un soupirant frivole... Ce peu d'or suffirait à rendre blanc le noir, beau le laid, juste l'injuste, noble l'infâme, jeune le vieux, vaillant le lâche... Cet or écartera de vos autels vos prêtres et vos serviteurs; il arrachera l'oreiller de dessous la tête des mourants; cet esclave jaune garantira et rompra les serments, bénira les maudits, fera adorer la lèpre livide, donnera aux voleurs place, titre, hommage et louange sur le banc des sénateurs; c'est lui qui pousse à se remarier la veuve éplorée. Celle qui ferait lever la gorge à un hôpital de plaies hideuses, l'or l'embaume, la parfume, en fait de nouveau un jour d'avril. Allons, métal maudit, putain commune à toute l'humanité, toi qui mets la discorde parmi la foule des nations...
Shakespeare peint magistralement l'argent.

 

Ce que je peux m'approprier grâce à l'argent, ce que je peux payer, autrement dit ce que l'argent peut acheter, je le suis moi-même, moi le possesseur de l'argent. Les qualités de l'argent sont mes qualités et mes forces essentielles en tant que possesseur d'argent. Ce que je suis et ce que je puis, ce n'est nullement mon individualité qui en décide. Je suis laid, mais je puis m'acheter la femme la plus belle. Je ne suis pas laid, car l'effet de la laideur, sa force repoussante est annulée par l'argent. Je n'ai pas d'esprit, mais l'argent étant l'esprit réel de toute chose, comment son possesseur manquerait-il d'esprit ? Il peut en outre s'acheter les gens d'esprit, et celui qui est le maître des gens d'esprit n'est-il pas plus spirituel que l'homme d'esprit ? Moi qui puis avoir, grâce à l'argent, tout ce que désire un cœur humain, ne suis-je pas en possession de toutes les facultés humaines ? Mon argent ne transforme-t-il pas toutes mes impuissances en leur contraire ? Personnellement je suis paralytique mais l'argent me procure vingt-quatre pattes ; je ne suis donc pas paralytique. Je suis méchant, malhonnête, dépourvu de scrupules, sans esprit, mais l'argent est vénéré, aussi le suis-je de même, moi, son possesseur. L'argent est le bien suprême, donc son possesseur est bon ; au surplus, l'argent m'évite la peine d'être malhonnête et l'on me présume honnête.
Si l'argent est le lien qui me relie à la vie humaine, à la société, à la nature et aux hommes, l'argent n'est-il pas le lien de tous les liens ? Ne peut-il pas nouer et dénouer tous les liens ?
Shakespeare fait ressortir surtout deux propriétés de l'argent : C'est la divinité visible, la métamorphose de toutes les qualités humaines et naturelles en leur contraire, la confusion et la perversion universelles des choses. L'argent concilie les incompatibilités. C'est la prostituée universelle, l'entremetteuse générale des hommes et des peuples. »

Marx, Manuscrits de 1844 (3ème manuscrit)link

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clovis simard 29/01/2011 16:34



Bonjour,


Vous êtes cordialement invité à visiter mon blog.
      
Description : Mon Blog(fermaton.over-blog.com), présente le développement mathématique de la conscience humaine.


La Page No-17: L'ARGENT ($) !


l'HUMAIN ET L'ARGENT ?  IL EST UN AMI ?


Cordialement


Clovis Simard



Litteratus 29/01/2011 20:46



Bienvenue à vous !