Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Gazette littéraire

Le mystère de la porte de la chambre jaune (Leroux)

 

Le mystère de la porte de la chambre jaune (Leroux)

La porte fermée de l'intérieur

repères : thème de la porte : présentation



Une porte fermée, une enquête policière

Nous voici désormais dans l'univers de la porte prise sous l'angle du mystère. En l'occurrence, une tentative de meurtre a lieu le soir à l'intérieur une chambre fermée à clef. Le problème réside dans le fait que nul n'est sorti de cette pièce...


Il vous est proposé de découvrir l'épineuse énigme que l'ingénieux Rouletabille aura à résoudre.


Bienvenue dans le mystère de la chambre jaune de Gaston Leroux dont il vous est proposé de découvrir la bande-annonce du film sorti en 2003 après la lecture d'un extrait de l'œuvre.



****

 

« Nous étions donc restés, M. Stangerson et moi, dans le pavillon. Nous ne faisions aucun bruit. Il était, lui, à son bureau. Quant à moi, assis sur une chaise, ayant terminé ma besogne, je le regardais et je me disais : « Quel homme ! Quelle intelligence ! Quel savoir ! » J’attache de l’importance à ceci que nous ne faisions aucun bruit, car « à cause de cela, l’assassin a cru certainement que nous étions partis ». Et tout à coup, pendant que le coucou faisait entendre la demie passé minuit, une clameur désespérée partit de la «Chambre Jaune». C’était la voix de mademoiselle qui criait : « À l’assassin ! À l’assassin ! Au secours ! » Aussitôt des coups de revolver retentirent et il y eut un grand bruit de tables, de meubles renversés, jetés par terre, comme au cours d’une lutte, et encore la voix de mademoiselle qui criait : « À l’assassin ! … Au secours ! … Papa ! Papa ! »

« Vous pensez si nous avons bondi et si M. Stangerson et moi nous nous sommes rués sur la porte. Mais, hélas ! Elle était fermée et bien fermée « à l’intérieur » par les soins de mademoiselle, comme je vous l’ai dit, à clef et au verrou. Nous essayâmes de l’ébranler, mais elle était solide. M. Stangerson était comme fou, et vraiment il y avait de quoi le devenir, car on entendait mademoiselle qui râlait : « Au secours ! … Au secours ! » Et M. Stangerson frappait des coups terribles contre la porte, et il pleurait de rage et il sanglotait de désespoir et d’impuissance.

« C’est alors que j’ai eu une inspiration. » L’assassin se sera introduit par la fenêtre, m’écriai-je, je vais à la fenêtre ! » Et je suis sorti du pavillon, courant comme un insensé ! (...) Cinq minutes plus tard, nous étions, la concierge et moi, devant la fenêtre de la «Chambre Jaune». Il faisait un beau clair de lune et je vis bien qu’on n’avait pas touché à la fenêtre. Non seulement les barreaux étaient intacts, mais encore les volets, derrière les barreaux, étaient fermés, comme je les avais fermés moi-même, la veille au soir, comme tous les soirs, bien que mademoiselle, qui me savait très fatigué et surchargé de besogne, m’eût dit de ne point me déranger, qu’elle les fermerait elle-même ; et ils étaient restés tels quels, assujettis, comme j’en avais pris le soin, par un loquet de fer, « à l’intérieur ». L’assassin n’avait donc pas passé par là et ne pouvait se sauver par là ; mais moi non plus, je ne pouvais entrer par là !

« C’était le malheur ! On aurait perdu la tête à moins. La porte de la chambre fermée à clef « à l’intérieur », les volets de l’unique fenêtre fermés, eux aussi, « à l’intérieur », et, par-dessus les volets, les barreaux intacts, des barreaux à travers lesquels vous n’auriez pas passé le bras… Et mademoiselle qui appelait au secours ! … Ou plutôt non, on ne l’entendait plus… Elle était peut-être morte… Mais j’entendais encore, au fond du pavillon, monsieur qui essayait d’ébranler la porte…"

 

Le mystère de la chambre jaune, Leroux,

http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Myst%C3%A8re_de_la_chambre_jaune/1

 

 

 

 

 

repères à suivre : présentation : laisser frapper à la porte (Verhaeren)

 

Partager cet article

Repost 0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article