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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Le mouvement des astres : un cri terrible sous le ciel (Mallarmé)

 

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repères : thème du ciel : introduction générale

 

Un cri terrible sous le ciel

Les astres après avoir suscité de la mélancolie, de la contemplation peuvent aussi refléter d'autres sentiments plus confus.

Le poète est au centre de cette œuvre poétique présentée aujourd'hui.

La création artistique emprunte souvent des chemins torturés...

C'est le sens du poème de Stéphane Mallarmé qui se clôt par un effroi terrible à la vue du Ciel.

Un cri terrible sous les cieux...

****

L’AZUR

"De l’éternel Azur la sereine ironie
Accable, belle indolemment comme les fleurs,
Le poëte impuissant qui maudit son génie
À travers un désert stérile de Douleurs.

Fuyant, les yeux fermés, je le sens qui regarde
Avec l’intensité d’un remords atterrant,
Mon âme vide. Où fuir ? Et quelle nuit hagarde
Jeter, lambeaux, jeter sur ce mépris navrant ?

Brouillards, montez ! versez vos cendres monotones
Avec de longs haillons de brume dans les cieux
Que noiera le marais livide des automnes,
Et bâtissez un grand plafond silencieux !

Et toi, sors des étangs léthéens et ramasse
En t’en venant la vase et les pâles roseaux,
Cher Ennui, pour boucher d’une main jamais lasse
Les grands trous bleus que font méchamment les oiseaux.

Encor ! que sans répit les tristes cheminées
Fument, et que de suie une errante prison
Éteigne dans l’horreur de ses noires traînées
Le soleil se mourant jaunâtre à l’horizon !

Le Ciel est mort. — Vers toi, j’accours ! donne, ô matière,
L’oubli de l’Idéal cruel et du Péché
À ce martyr qui vient partager la litière
Où le bétail heureux des hommes est couché,


Car j’y veux, puisque enfin ma cervelle, vidée
Comme le pot de fard gisant au pied d’un mur,
N’a plus l’art d’attifer la sanglotante idée,
Lugubrement bâiller vers un trépas obscur…

En vain ! l’Azur triomphe, et je l’entends qui chante
Dans les cloches. Mon âme, il se fait voix pour plus
Nous faire peur avec sa victoire méchante,
Et du métal vivant sort en bleus angelus !

Il roule par la brume, ancien et traverse
Ta native agonie ainsi qu’un glaive sûr ;
Où fuir dans la révolte inutile et perverse ?
Je suis hanté. L’Azur ! l’Azur ! l’Azur ! l’Azur !"

 

Poésies, Nouvelle Revue française, 1914 (8e éd.) (pp. 40-42). Stéphane Mallarmé

http://fr.wikisource.org/wiki/L%E2%80%99Azur

 

Repères : thème du ciel : le réveil des névroses (Rollinat)

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flora 12/02/2012 17:57


Quand l'imperturbable Azur ne répond pas aux cris de douleurs...

Litteratus 12/02/2012 18:42



l'homme reste seul et malheureux...