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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Le journal d'un écrivain, Helen Berr aux prises avec l'Occupation...

Le journal d'Helène Berre ou la force d'un témoignage qui mêle "le beau et le tragique" (12 juin 1942), maxime qui s'applique aux amitiés et amours nouées et dénouées par les ravages de l'Occupation

 

 

La force d'un témoignage journal Hélène Berr

 

 (Repères : thème du journal : l'étude)

Après avoir étudié la nature du journal tenu par Jules Renard, découvrons celui d'Hélène Berr : de  sa lecture, ressort la force d'un témoignage éclairé.

Etudiante

La comparaison entre les journaux de Jules Renard et d'Hélène Berr peut surprendre a priori.

En effet, à la différence du premier, le second se présente, de prime abord, comme le journal intime d'une jeune fille d'une vingtaine d'années, à la fois étudiante brillante en littérature anglaise à la Sorbonne et musicienne accomplie.

Comme toutes les personnes de son âge, elle s'éveille aux sentiments amoureux, en reportant scrupuleusement ses  joies, ses réflexions et ses doutes.

Mais les heures sombres de la collaboration française vont donner à l'ouvrage un intérêt littéraire de tout premier plan.

Paul Valéry

Le journal débute le 7 avril 1942 par le récit d'un événement qui est loin d'être anecdotique pour la suite de l'ouvrage : la jeune fille vient chercher chez la concierge de Paul Valéry un exemplaire du maître dédicacé à son attention :

« Au réveil, si douce la lumière, et si beau ce bleu vivant ».

Occupation

Cette phrase reste inscrite dans l'esprit de la jeune fille qui aura à cœur de se rappeler ces doux mots dans des circonstances où elle fait le choix de résister à l'innommable :

« Il fait un temps radieux, très frais après l'orage d'hier. Les oiseaux pépient, un matin comme celui de Paul Valéry. Le premier jour aussi où je vais porter l'étoile jaune. Ce sont les deux aspects de la vie actuelle : la fraîcheur, la beauté, la jeunesse de la vie, incarnée par cette matinée limpide ; la barbarie et le mal, représentés par cette étoile jaune. » (8 juin 1942)

L'originalité de l'œuvre d'Hélène Berr est faite de ce dualisme qu'elle pousse au paroxysme. Le beau est ainsi mêlé au tragique (12 juin 1942), maxime qui s'applique aux amitiés et amours nouées et dénouées par les ravages du temps.

Ce journal comporte aussi un volet intellectuel avec les références faites aux nombreuses lectures qui la nourrissent durant cette période trouble. 

Repère à suivre  : Le journal d'un écrivain, entre révélations et émotion (8)

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flora 24/09/2010 17:53



Je suis en train de le lire...



Litteratus 24/09/2010 18:31



le hasard fait bien les choses...



lizagrèce 23/09/2010 21:57



Je ne connais pas le journal d'Hélène Berr.
Le ton n'est hélas plus le même que dans le journal de Jules Renard. Les circonstances non plus.



Litteratus 24/09/2010 08:25



L'objectif de son journal est également différent...