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Gazette littéraire

Le feuilleton de la Gazette littéraire : la rivalité des deux frères (2)

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Repères : Thème de l'Art : le feuilleton

 

 

Résumé : Johnston Park dans le Surrey, est une magnifique demeure palladienne du 18ème siècle dotée d'une collection impressionnante de toiles de maîtres. Un tableau particulièrement est mis en valeur, c'est le portrait de Lady Catherine Johnston, aïeule de la famille, peinte par Gainsborough. Les deux enfants du Lord Johnston jouent un après-midi d'hiver de 1920 dans la grande Galerie, véritable pinacothèque, sous l’œil plein de dignité de l'ancêtre. Le cadet qui se blesse voit avec un vrai plaisir son frère aîné puni. La rivalité des deux frères ne cessera plus...

 

***


La rivalité des deux frères s'expliquait par la nature même du lien unissant deux garçons si proches en âge. Le simple désir de l'un faisait surgir instantanément une envie chez l'autre. Mais à la vérité, ce qui intéressait l'un des frères, c'était ce à quoi l'autre tenait. Peu importe la chose car cela entraînait des querelles incessantes. Mais avec le temps, un autre facteur aggrava la situation.


L'attention, la sévérité et la rigueur des parents se portèrent exclusivement sur l'aîné. Il fut ainsi rapidement établi de manière intelligible pour les deux jeunes fils que ce traitement particulier avait sa raison d'être. L'enfant concerné en fut instruit doctement à chaque occasion utile et, le plus souvent, de manière solennelle devant l'aïeule qui décidément régissait sa vie. Il ne la détestait que davantage. Le cadet écoutait, sans en perdre une miette, le plus souvent l’œil collé à la serrure lorsque Charles était convoqué dans le bureau paternel pour recevoir le châtiment corporel adéquat. Qui aime bien châtie bien. Son éducation s'annonçait sans faiblesse car, en sa qualité d'aîné, il avait vocation à avoir un destin hors du commun : il était appelé à hériter du titre nobiliaire et de l'immense patrimoine de la famille. Cet avantage consenti selon l'ordre de primogéniture, permettant ainsi la préservation de l'intégrité de la fortune familiale, justifiait bien des amendements les plus complets sur le plan du caractère. Il fallait que l'enfant en fut rendu digne.


C'est ainsi que très tôt Charles fut au centre de toutes les préoccupations parentales. Trop du point de vue des garçonnets pour une fois d'accord, mais pas pour les mêmes raisons. L'aîné aurait aimé dessiner de tout son soûl, sa passion fulgurante depuis toujours, malheureusement vue d'un très mauvais œil par ses éducateurs, alors que le cadet turbulent cherchait en vain à capter l'attention de ses parents. Seule sa mère, vaguement artiste, accordait au dernier le privilège de rares baisers et de caresses dispensées exclusivement à ses heures perdues. Une Lady n'a guère de temps à accorder à ses enfants en raison des mille et une obligations dues à son rang.


Ce statut de privilégié n'avait pour l'heure qu'un seul avantage dans ce petit monde de l'enfance. Celui d'en imposer à son frère, de lui clouer le bec. Et Charles ne se privait pas de le rappeler à son cadet pour remporter la mise finale dans leurs jeux encore totalement innocents.  

Plus tard, ils furent reçus tous deux dans les meilleurs établissements scolaires. Sandhurst pour le prestige de l'un qui dut prendre sur lui pour s'y adapter et Cambridge, pour le second. Mais le cadet se considéra comme l'éternel lésé tandis que l'aîné ressentit toujours une frustration profonde de ne pas pouvoir s'exprimer librement sur le plan artistique.


Or, sur ce point, Charles bénéficia d'une chance incroyable lorsque ses parents décidèrent de lui louer un appartement à Londres pour parfaire son éducation -cette fois- mondaine. Il saisit l'opportunité de vivre loin de Johnston Park et décida de transformer une pièce en atelier. Il s'entoura d'amis des arts, de peintres qu'il fit venir et, en leur compagnie, il s'adonnait librement à sa passion. Son goût pour la peinture le poussa à dévorer la littérature concernant la peinture du 18ème siècle. Il s'intéressa dans ces conditions à la peinture de Gainsborough qu'il aimait à copier pour travailler la finesse du trait. Il sortait au théâtre, buvait en bonne compagnie. Il était enfin maître de lui-même.


C'est ainsi qu'il menait une double vie, celle de l'héritier sage et dévoué du domaine et celle revendiquant le droit de mener à sa guise une vie. Un air de bohème. S'affranchissant des convenances, il n'envisageait nullement de se marier, l'idée lui faisant même horreur.


Mais vint ensuite la période de grands dangers.

 

Repères à suivre : le feuilleton (3) : le temps de la mobilisation

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lizagrèce 28/11/2011 21:26


Ça va se corser !!!


Réflexion somme toute bizarre sur ce feuilleton inspiré d'une famille de la vieille Angleterre ...

Litteratus 30/11/2011 19:36



J'adore les mélanges des genres !