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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Le feuilleton de la Gazette : le temps de la mobilisation (3)

2805133294_ec2000d3ec.jpg(Chartwell, Kent, GB)

 

Repères : thème de l'Art : le feuilleton

 

Résumé : Johnston Park dans le Surrey, est une magnifique demeure palladienne du 18ème siècle dotée d'une collection impressionnante de toiles de maîtres. Un tableau particulièrement est mis en valeur, c'est le portrait de Lady Catherine Johnston, aïeule de la famille, peinte par Gainsborough. Les deux enfants du Lord Johnston, Charles et Thomas, connaissent une rivalité qui est attisée par la transmission de l'intégralité du patrimoine à l'aîné. Le cadet ne peut s'empêcher de se considérer comme lésé. Les années passent et les deux fils entrent dans de prestigieux établissements. Puis, pour parfaire son éducation mondaine, les parents  loue à Charles un appartement à Londres. Ce dernier qui a toujours eu la passion pour le dessin entreprend de se mettre à la peinture et mène une vie de bohème loin de Johnston Park. Mais la Seconde Guerre Mondiale se prépare...


***


Ayant reçu l'ordre de mobilisation en septembre 1939, Charles et Thomas n'eurent pas la même affectation. L'aîné fut versé à l'Amirauté, dans un emploi de bureau qui seyait à l'avenir de ce futur Lord tandis que que le second rejoignit les troupes d'infanterie. Deux destins différents, l'un que l'on protégeait, l'autre que l'on donnait à la Nation, que l'on sacrifiait en quelque sorte.


Charles fut nommé dans le cabinet privé de Winston Churchill, Lord de l'amirauté, puis Premier Ministre. Il fut conquis par l'humour et le courage de cet Homme d'Etat au passé déjà glorieux. De son côté, ce dernier trouva de l'agrément dans la compagnie du jeune Johnston dès qu'il sut son goût pour la peinture. Ce qui n'était pas rien pour Winston, peintre à ses heures souvent les plus noires. Black dog, comme il nommait lui-même sa dépression. La peinture devenait donc plus qu'un simple dérivatif... Durant les années de la guerre, il n'était pas rare qu'il invitât ses amis ou relations à Chartwell peindre dans son atelier. Il y accueillait alors à la fois les peintres confirmés mais également ceux du dimanche. Entrant dans la seconde catégorie, Charles Johnston fut convié et aima à s'y rendre.

Durant cette période troublée, il ne trouva que des avantages dans ce travail de bureau à Londres : cela lui permettait de remplir son devoir militaire, honnêtement, tout en poursuivant, à ses heures perdues, sa vie d'artiste. Avec cette guerre dont l'issue lui semblait incertaine, il lui parut chimérique l'époque où il devrait reprendre le domaine familial doté de toutes ses contraintes. Pour l'heure, il vivait donc pleinement de manière libre et dégagée.


Au début du mois de mai  1941, au cours d'une visite à ses parents,  il découvrit Johnston Park sous un autre jour. Il n'en fut guère troublé. Au contraire, cet illustre patrimoine semblait s'incarner dans la réalité des durs moments. Reconvertie en hôpital de campagne, la vaste demeure habituellement si paisible ressemblait littéralement à une fourmilière. Des ambulances allant et venant et des blouses blanches disséminées partout dans le parc. On décréta qu'il fallait remiser le mobilier dans les greniers. Mais on s'épargna la peine de défaire l'immense tableau de Lady Catherine Johnston trop lourd à voler même en ces temps de rapine. Elle contempla dès lors le spectacle désolant des blessés sur des brancards entreposés dans la galerie réaffectée en salle commune. Elle en verrait d'autres, hélas...


A l'inverse de son frère, Thomas n'était guère fait pour un emploi de bureau réservé aux poltrons, aux planqués. Il voulut montrer à sa famille ce qu'était le courage, lui, qui en avait à revendre. Rejoignant avec fièvre le front d'Afrique du Nord avec la 8ème armée de Montgommery, il fut blessé à la deuxième bataille d'El Alamein. Il reçut une blessure. Un fait d'arme. Soigné sur place, il reprit du service et finit la guerre en Europe avec les honneurs. Cette expérience de moments forts le poursuivit toute sa vie. Il était fait pour l'aventure ; il fut satisfait de voir que ses citations militaires firent de l'effet auprès de Lord Johnston qui habituellement ne le comptait que pour portion négligeable.


La fin de la guerre laissa l'Angleterre dans une situation économique délicate. On manquait de tout. Les tickets de rationnement continuèrent à avoir cours bien des années plus tard.

Le 14 octobre 1945, Lord Johnston s'éteignit et Charles n'eut plus aucune raison valable de rester à Londres. Il devait assumer les responsabilités différées pour cause de guerre. Mais le cadeau semblait bien empoisonné...

 

Repères à suivre :  le feuilleton :   Thos Gainsborough (4)

                                                    

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lizagrèce 29/11/2011 15:28


Si la suite paraît demain je ne pourrais la lire que samedi car je pars à Athènes pour quelques jours


http://maisondeliza.over-blog.fr

Litteratus 30/11/2011 19:37



Une éternelle voyageuse !