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Gazette littéraire

Le feuilleton (6) : l'homme sous influence

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Repères : thème du pouvoir : le feuilleton

 

Résumé : le 6 mai 2012 à 20 heures, la France élit avec 52% des voix Victor Confiant en qualité de Président de la République. Le début du quinquennat tient ses promesses avec une situation intérieure et extérieure apaisée. La seule inquiétude a trait aux messages secrets reçus par le nouvel élu qui tendent à l'exécution de différentes missions. La dernière pose un vrai cas de conscience à notre héros convaincu qu'il s'agit d'effectuer une tâche « barbare ». L'étau se resserre..

***

Les jours suivants, il fut évident que la sécurité nationale était gravement mise en danger par la présence de colis suspects disséminés non plus seulement dans deux gares mais dans plusieurs endroits stratégiques tels que les aéroports de la région parisienne. À Roissy Charles de Gaulle, un paquet contenant des explosifs encore non reliés à un système de commande fut découvert. Dans chaque cas, on retrouvait les mêmes signes encore indéchiffrables. Les services de sécurité faisaient montre de leurs connaissances lacunaires. On en appela même à des linguistes distingués. En vain. L'escalade de la violence semblait inévitable.

 

L'heure des comptes sonna alors pour Victor Confiant en son for intérieur. Il avait réussi à oublier son passé, son identifiant T2OW ; la nouvelle situation géopolitique qui avait connu une profonde mutation avec l'effondrement du mur de Berlin l'y aida amplement. Cette donnée se vérifia par le fait qu'il ne reçut plus aucun ordre ; on l'oublia totalement dans le franc dégel des relations internationales et européennes. Le jeune député évolua et ses convictions politiques socio-démocrates jusque là de surface prirent de la profondeur. Il n'avait plus besoin de noyauter une école, une commission ou une institution. Il bannit l'entrisme de sa vie. Tirant des leçons du passé, il chercha à ne plus s'inféoder à aucun parti, ni aucun courant. Il se voulait désormais un homme en accord avec lui-même. Il se crut libre de choisir sa destinée en se présentant aux suffrages des Français.

 

Cependant l'organisation s'était rappelée à son bon souvenir dès son élection en incendiant sa permanence à Fontaines. Puis chaque jour, un témoignage de son existence surgissait. Il avait beau différer ses exigences ou louvoyer, la menace de révéler son passé devenait réelle. Victor Confiant envisagea de démissionner pour faire cesser ce chantage et le fit savoir aux personnes concernées. Mais on lui indiqua en retour que sa petite personne ne revêtait pas la moindre importance pour l'Organisation. Les menaces se trouvaient désormais dirigées contre tous les intérêts nationaux tant en France que dans le Monde. On lui fit comprendre que seule sa collaboration empêcherait le déferlement d'actions terroristes. Il était piégé. Il consentit à céder à leurs demandes pour éviter le pire. C'est ainsi qu'il maintint notamment le statu quo nucléaire et qu'il s'interdit d'ouvrir les autres chantiers autrefois prioritaires. Mais cela ne leur suffisait plus. Ils en demandaient toujours plus. Il n'était qu'un jouet entre leurs mains criminelles. Le changement de la politique française au Proche Orient fut leur dernière exigence. Une folie qui revenait à jeter une allumette sur une botte de paille : l'embrasement massif dans la région semblait garanti. Ordre "barbare" auquel Victor Confiant refusa de consentir.


Comment l'homme à l'influence la plus extraordinaire sur le cours des choses pouvait-il être un homme sous influence ? Constat tragique : après cent et un jours d'exercice d'un pouvoir aux ordres, il avala la vieille pilule de cyanure donnée par l'Organisation en son temps. Radical...


Repères à suivre : le thème du ciel : éditorial du mois de février 2012

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flora 01/02/2012 17:40


Votre analyse concentrée en quelques pages du poids de la responsabilité et de la solitude que donne le pouvoir est très efficace! Cela ne donne pas envie de se lancer dans la course (déjà que
l'ambition dans ce sens ne me dévorait pas...) 

Litteratus 01/02/2012 19:59



Merci, chère Flora, pour cet encouragement !



lizagrèce 31/01/2012 13:16


C'est une " fin radicale !"

Litteratus 01/02/2012 15:44



On ne peut pas faire plus radicale que cette fin là !