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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Le feuilleton (3) : l'investiture de Victor Confiant

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Repères : thème du pouvoir : le feuilleton

 

Résumé : Le 4 mai 2012, la chroniqueuse politique Laure Léry assiste au dernier meeting de campagne de Victor Confiant, candidat du Centre resté en lice au second tour de l'élection présidentielle avec celui de la Gauche Unie. La journaliste relit son article qui brosse le parcours politique de cet homme d'influence avant d'écouter son discours enflammé. Le 6 mai 2012 à 20 heures, la France élit Victor Confiant avec 52% des voix aux fonctions de Président de la République. Il n'y eut qu'un incident malheureux pour ternir ce triomphe électoral : sa permanence de Dordogne brûla dans sa totalité. Triste présage !


***

La prise de fonction de Victor Confiant

Les cérémonies d'investiture avaient pris fin ; Victor Confiant avait raccompagné son prédécesseur dans la Cour d'honneur de l’Élysée après s'être entretenu de sujets confidentiels concernant la sécurité nucléaire de la France. De l'autre côté de la rue, des Français attendaient le président sortant avec un panneau portant l'inénarrable mention pleine de poésie Casse-toi, Pauvre Con ! Un concert de sifflets et des bordées d'injures saluèrent le cortège d'automobiles démarrant en trombe. La démocratie ne s'honorait pas de cette poussée de haine pensa le nouveau Président regagnant le vestibule d'honneur en marbre de Carrare.

Il monta l'escalier Murat et parvint au premier étage un peu impressionné. Par déférence, on le laissa seul prendre possession du salon doré. Il apprécia la délicatesse de son équipe. Il avait le bonheur aux commissures des lèvres. Il sentait surtout le déploiement de son être devant la réalisation d'un rêve, celui d'atteindre le poste suprême. C'est à ce moment précis qu'il découvrit sur le bureau une lettre à son attention, ce qui ne manqua pas de l'étonner. Une attention délicate de mon prédécesseur s'étonna-t-il. Il ouvrit la lettre et son visage se décomposa totalement. Le sentiment de paix qu'il ressentait le quitta définitivement.

 

Le crédit accordé à l'action politique

Dès le jour même, il se lança alors à corps perdu dans l'action politique avec une force inouïe. La perte du triple A qui avait fait l'objet d'un séisme politique laissa le champ libre à la nouvelle équipe dirigeante. Il fallait reconstituer ex nihilo le capital de confiance totalement entamé auprès des opérateurs économiques. Le Parlement renouvelé donna une majorité d'Union Nationale faite de républicains de tous les partis à l'exception des extrêmes. Le tempérament même de Victor Confiant, pondéré, avait redonné des gages de crédibilité auprès des marchés. L'entourage du Président se frottait les mains. L'engouement pour le nouvel élu ne se tarissait pas. Son influence rayonnait de surcroît sur la scène internationale ; on parlait de celui qui avait réussi à gouverner un "peuple ayant trois cent vingt-cinq variétés de fromages", chose impossible selon le Général de Gaulle. De cette concorde nationale, surgit le temps de l'action faite sans partis-pris et petits calculs.

Un vaste consensus se trouva sur les questions fiscales et sur la solidarité entre les français. On remit même les écrivains au goût du jour. On en appela à Chateaubriand : « La trop grande disproportion des conditions et des fortunes a pu se supporter tant qu'elle a été cachée. Mais aussitôt que cette disproportion a été généralement aperçue, le coup mortel a été porté. » * Le remboursement de la dette était un fait accepté par le plus grand nombre des Français résignés. Les marchés se rassurèrent alors devant la capacité de la France à se rassembler et à faire face à ses engagements. La parole politique avait en effet pris du sens : on ne se perdait plus en diatribes stériles dressant les uns contre les autres.

 

Les réformes en suspens

Des éléments venaient tempérer le tableau idyllique du nouveau quinquennat. Quelques dossiers n'avaient pas été mis en chantier par le Président en dépit de ses promesses électorales. Mais on entendait dans la presse l'antienne il a tellement fait déjà, il a redonné de la force à la parole politique qu'on était prêts à patienter à l'exception des écologistes qui manifestaient leur impatience coutumière.

Sur un autre terrain tout aussi préoccupant, les investigations policières entreprises sur les lieux de la permanence du candidat Confiant révélèrent la présence d'inscriptions obscures dans un langage manifestement codé. Les équipes de la Sécurité Intérieure étaient à l'œuvre. Informé de la situation, le Président exigeait de connaître le résultat du déchiffrement. Il manifesta à ce sujet une grande colère, la seule qu'on lui avait connue. Pour l'heure les spécialistes semblaient totalement déroutés...

Seul, Victor Confiant regardait avec insistance le courrier qui était arrivé sur son bureau : bien que chiffré, il en avait pris connaissance, des autres également. Ils commençaient tous par T2OW. Le Président semblait ailleurs...

 

* Mémoires d'Outre Tombe

 

Repères : thème du pouvoir : le feuilleton (4)

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lizagrèce 28/01/2012 21:11


Je crains que les mécanismes économiques et politiques soient plus compliqués à gérer dans la réalité ...


http:/:maisondeliza.over-blog.fr

Litteratus 29/01/2012 13:37



ah bon tu crois ?