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Gazette littéraire

Le feuilleton (1) : le portrait de Victor Confiant

 

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Repères à suivre : thème du pouvoir : le feuilleton

 

Le dernier meeting de campagne

Au Palais Omnisport de Bercy, la fin de la campagne présidentielle approchait en ce 4 mai 2012. La chroniqueuse Laure Léry du service politique du quotidien La France se tenait dans le carré réservé à la Presse. Sa rédaction l'avait désignée depuis six mois pour couvrir la campagne d'un candidat parfaitement inconnu du grand public, Victor Confiant. Attendant la prise de parole de l'homme politique, la journaliste mit à profit le temps dont elle disposait pour relire le début de son article retraçant le parcours politique de ce personnage hors du commun.


Qui est Victor Confiant ? 

La cinquantaine flamboyante, l'allure follement séductrice avec sa taille élancée, ses cheveux épais couleur de jais et son regard de braise, Victor Confiant exerçait la fonction de député-maire de Fontaines en Dordogne depuis plus de vingt-cinq ans avec la particularité de n'appartenir à aucun parti politique. Un charisme phénoménal ! ajouta-t-elle. Il se présentait comme l'enfant du pays, le fils spirituel du redoutable Gaston Bouillon, potentat local, lui-même, sans étiquette, qui le lança en politique en lui offrant son siège de député en 1986 puis les clés de la mairie en 1989. C'est ainsi que l'homme se fit élire au Parlement avec la mention Non Inscrit refusant avec une constance étonnante de s'inféoder au moindre parti. Cependant son indépendance d'esprit lui causa bien des tracas et des ennuis car après le temps de la persuasion et de la cajolerie, on en vint à le menacer de présenter contre lui des opposants dûment affiliés à droite ou à gauche. On arriva enfin à une confrontation féroce aux élections législatives de 1997. Un candidat RPR parachuté par son parti revendiqua la victoire avant qu'un recours en annulation pour tricherie (première affaire dite des chaussettes bourrées) et un nouveau scrutin ne rendit son poste à son titulaire initial. Le personnage avait acquis dès lors la stature d'un battant et obtint le respect des appareils parisiens.


Proche de la sensibilité social-démocrate, Victor Confiant appartenait à l'Assemblée Nationale à un groupe parlementaire, le Centre. Il était en outre membre de la prestigieuse Commission des Affaires étrangères où il jouissait de la réputation de fin connaisseur de ses dossiers. Sur le plan international, il se définissait comme un pacifiste né, rétif à l'influence atlantiste lorsqu'il s'opposa à la 1ère Guerre du Golfe tout autant qu'à l'invasion de la coalition menée par les américains en Irak ; il militait pour la paix au Proche Orient, l'embargo sur l'Iran. Il avait aussi émis régulièrement des doutes sur la validité des interventions françaises en Afrique et tout dernièrement en Côte d'Ivoire ou en Libye. L'homme était excessivement prudent lorsqu'il s'agissait du droit d'ingérence dans les affaires d'un pays étranger. Tarte à la crème ! Le soupçon de favoritisme de nos intérêts économiques n'est que trop souvent justifié. La France n'a pas de conseils à dispenser aux autres ! clamait-il. Un homme sans tabou ! écrivait la journaliste.


Sur le plan intérieur, la politique de sa ville en faisait un redoutable gestionnaire tout autant qu'un homme ingénieux prêt à négocier âprement avec les grands groupes pour la survie de l'activité économique : l'écologie devenait un gisement d'emplois qu'il fallait avoir le courage de mettre en œuvre même au prix d'une discussion sérieuse avec la filière nucléaire. Un homme pragmatique ! nota-t-elle.


Le programme du candidat

Le candidat entendait faire campagne pour constituer un gouvernement de coalition ; il souhaitait ainsi mettre fin au système bipolaire du régime de la Vème République qui avait conduit la France au désastre économique sans précédent depuis 1929. Son crédo de campagne ! écrivait-elle. Sous son égide, il appelait la Droite et la Gauche à travailler de concert. Ce discours trouva un écho très profond dans l'opinion publique lassée des éternels clivages. Victor Confiant incarnait l'image du double renouvellement à la fois de l'action mais également du personnel politique. Un message très fort adressé à la Nation. Il ne se présentait pas comme un « candidat normal » en relevant que « cette expression marquait le degré zéro de la politique. Pour résoudre la crise, il ne fallait pas être normal, mais au contraire un peu fou, en tout cas amoureux du Bien Commun ! »


La journaliste constata qu'elle avait bien cerné ce candidat atypique. Les sondages n'avaient pas prévu le séisme du premier tour. Le candidat du Centre surprit tout le monde en se maintenant au second tour après avoir réussi le tour de force d'éliminer le Président sortant. Il restait en lice avec le favori sur le plan arithmétique, le champion de la Gauche Unie. Ce dernier meeting de campagne clôturait quatre mois de labourage intense des terres et de chasse aux voix. Les attaques s'étaient faites virulentes durant la semaine écoulée mais Victor Confiant n'y répondait plus ; il entendait prendre de la hauteur.


Laure Léry ajouta cette fois pour elle-même les informations obtenues en off qui n'étaient pas bonnes à dire. Certains avaient bien cherché des affaires et autre vilenies dans son passé, mais ils en furent pour leurs frais. En réalité, personne ne connaissait vraiment le candidat. Un sphinx disaient certains. Rien ne transparaît de ce qu'il pense vraiment disait-on. Il incarnait un candidat irréprochable, trop pour être sincère du point de vue des vieux routiers de la politique. On a tous des «casseroles » en politique ou alors on ne dure pas. Ralliés cependant à sa cause, ses anciens ennemis étaient présents dans le parterre du Palais Omnisport de Bercy. Ils se levèrent pour accueillir le candidat sous des ovations nourries qui cessèrent lorsqu'il prit la parole...

 

 

Repères à suivre : thème du pouvoir : le feuilleton (2)

 

 

 

 

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lizagrèce 26/01/2012 21:13


Et voilà ... Je me suis bien fait avoir : j'ai commencé à te lire (sans voir qu'il s'agissait du feuilleton) et j'ai cherché quel était ce candidat dont je ne me souvenais absolument plus ...



http://maisondeliza.over-blog.fr

Litteratus 27/01/2012 20:38



Il est donc crédible mon personnage de fiction !