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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Le face à face entre l'homme et l'animal (Balzac)

 

Le face à face entre l'homme et l'animal (Balzac)

Repères : carnet : Egypte


Une panthère

Poursuivant son carnet de voyage, la Gazette vous a conduit dans le désert égyptien avec la nouvelle de Balzac : une passion dans le désert.

Rappelons l'intrigue : un jeune soldat de l'armée de Bonaparte en Egypte s'est échappé de ses ravisseurs et erre dans le désert. C'est alors qu'il fait la rencontre la nuit dans une grotte d'une bête féroce : une panthère.

Le premier face à face de jour entre l'homme et l'animal se déroule de manière inattendue.


***

"En ce moment, la panthère retourna la tête vers le Français, et le regarda fixement sans avancer. La rigidité de ces yeux métalliques et leur insupportable clarté firent tressaillir le Provençal, surtout quand la bête marcha vers lui ; mais il la contempla d’un air caressant, et la guignant comme pour la magnétiser, il la laissa venir près de lui ; puis, par un mouvement aussi doux, aussi amoureux que s’il avait voulu caresser la plus jolie femme, il lui passa la main sur tout le corps, de la tête à la queue, en irritant avec ses ongles les flexibles vertèbres qui partageaient le dos jaune de la panthère. La bête redressa voluptueusement sa queue, ses yeux s’adoucirent ; et quand, pour la troisième fois, le Français accomplit cette flatterie intéressée, elle fit entendre un de ces rourou par lesquels nos chats expriment leur plaisir ; mais ce murmure partait d’un gosier si puissant et si profond, qu’il retentit dans la grotte comme les derniers ronflements des orgues dans une église. Le Provençal, comprenant l’importance de ses caresses, les redoubla de manière à étourdir, à stupéfier cette courtisane impérieuse. Quand il se crut sûr d’avoir éteint la férocité de sa capricieuse compagne, dont la faim avait été si heureusement assouvie la veille, il se leva et voulut sortir de la grotte ; la panthère le laissa bien partir, mais quand il eut gravi la colline, elle bondit avec la légèreté des moineaux sautant d’une branche à une autre, et vint se frotter contre les jambes du soldat en faisant le gros dos à la manière des chattes. Puis, regardant son hôte d’un œil dont l’éclat était devenu moins inflexible, elle jeta ce cri sauvage que les naturalistes comparent au bruit d’une scie."


Une passion dans le désert, Balzac

http://fr.wikisource.org/wiki/Une_passion_dans_le_d%C3%A9sert

 

repères à suivre : carnet : fuite dans le désert

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