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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Le divertissement du cours des choses (Du Bellay)

Le divertissement du cours des choses (Du Bellay)

Repères : thème du divertissement : présentation générale


Définition
Le divertissement provient du verbe latin "divertere" et signifie détourner.
Beaucoup de choses peuvent être détournées lorsqu'elles sont dans la main toute puissante de l'homme.
Mais hélas ainsi qu'on aimait à le dire dans la tradition de la Renaissance, la vie n'est pas à proprement parler un chemin de toute tranquillité.

 

Les malheurs peuvent ainsi nous atteindre sans que nous n'y puissions rien.


Les regrets de Du Bellay


Dans le sonnet présenté aujourd'hui, Du Bellay nous montre l'inanité de nos pleurs sur le cours de nos vies. Il fustige les lamentations pour mettre en exergue la vitalité de l'existence. 

 

Précisons à l'aune de tous les traités de psychologie actuels que si "les pleurs sont de nulle valeur", ils nous soulagent néanmoins de nos peines...



****


Si les larmes servaient de remède au malheur,
Et le pleurer pouvait la tristesse arrêter,
On devrait, Seigneur mien, les larmes acheter,
Et ne se trouverait rien si cher que le pleur.

Mais les pleurs en effet sont de nulle valeur :
Car soit qu'on ne se veuille en pleurant tourmenter,
Ou soit que nuit et jour on veuille lamenter,
On ne peut divertir le cours de la douleur.

Le coeur fait au cerveau cette humeur exhaler,
Et le cerveau la fait par les yeux dévaler,
Mais le mal par les yeux ne s'alambique pas.

De quoi donques nous sert ce fâcheux larmoyer?
De jeter, comme on dit, l'huile sur le foyer,
Et perdre sans profit le repos et repas.

Les regrets, Du Bellay (sonnet n°52)


http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Regrets_%28du_Bellay%29#LII

Repères à suivre : présentation du thème : la superficialité de l'homme (Montaigne)

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claudie 08/11/2012 16:34


Bonjour

moi j'ai trouvé sur Facebook trois sonnets surgis de nulle part ailleurs, ni sur le Net sinon ni dans la Pléiade. Henri Suhamy les croit authentiques mais il est shakespearien et pas spécialiste
du XVIeme, alors qui ?

En tout cas si c'est un pastiche je ne vois qu'un génie comme l'habile Robert Rapilly ou le facétieux Louis Latourre pour avoir ce talent? Merci de me dire si vous trouvez un auteur ancien ou
moderne



I. Loing du propos ſans gouſt, loing du parler groſſier
Qui trop regna long-temps par le paÿs de France.
Loing des amuſemens, ſans ame, ſans ſcience,
Où mainct poëte hier cruſt bon de ſ'oublier.

Loing des diſcours oiſeux, des ſonges de papier,
Phebus de ſon grant art nous rend la conaiſſance.
Homere puis Petrarque y joignans leur puiſſance,
Noſtre langue à nouveau voit ſon ſoleil briller.

Un poëme aux accens ſçavament agencez
Prolonge la leſſon dez grans maiſtres paſſez.
De la Grece et de Rome il conſerve la marque.

Mais lors ſa plus grant gloire au royaume françois,
Son laurier qu'au jour d'huy le plus hauct je luy vois,
C'eſt de ſçavoir charmer ſon bien aymé monarque.




II. Qui veult conoiſtre vn homme aux mille courtiſans,
Doibt comme luy ſe faire amy de l'injuſtice,
Cherir la vanité, l'envie, l'avarice,
Et toutes les vertus communes aux puiſſans.

Qui veult conoiſtre pis, perfides, malfaiſans,
Des ſept pechez mortels toujours pronts au ſervice,
Il doibt entrer de Rome en la Tres-Haulte Lice
Y renconſtrer la Beſte et tous ſes partiſans.

Paſſant par tous degrez, ſous-diacre, diacre, preſtre,
Eveſque et archeveſque, il ſe preſente au Maiſtre
Avecque toge pourpre et galero bouffon :

Car la couleur icy change en vertu le vice.
Et l'apparat pompeux qu'on dict cardinalice
Deſguiſe la rougeur que meſt la honte au front.




III. Vous ſçachant trop, la nuict, ſous l'amoureuſe loy
Courir dissimulee où le Desir vous meine,
Je doubte ſi mon cueur doibt en reſſentir peine,
Ou s'éjouir plutost de voſtre peult de foy.

Car ſur ce champ celé dont vous payez l'octroy,
Scrupule ny regret ny honte ne vous freine.
Et vous tenez, ce ſemble, à vous imposer geſne
En affirmant le jour n'eſtre jamais qu'a moy.

LAURE, j'ay plain ſoupçon de vos eſbats nocturnes.
Mais quand de pleurs jaloux je remplirois cent urnes
Ils ſecheroient bien toſt ſous vos ardans ſoleils :

De la fidelite la chaiſne m'importune.
Nous ſommes loupve et loup que faict ſortir la lune ;
Commune liberté faict nos chemins pareils.


 


 

litteratus 23/02/2014 14:02

Le mystère s'est éclairci grâce à vous !

jacqueline salvin 20/02/2014 22:54

Bonsoir à vous,
les "inédits" de Du Bellay sont des pastiches dus à Louis Latourre, il en existe un quatrième qui ne laisse aucune place au doute !!!
http://www.youtube.com/playlist?list=PLw_bOW3oZG0EMmUnEx5Qxa3d5BVyu_4oj

un poète qui a encore parodié le répertoire de
Baudelaire
http://www.youtube.com/watch?v=iu_FBovHYrE

Mallarmé (sonnet oulipien)
http://www.youtube.com/watch?v=a1E3fYPz-40

Heredia
http://www.youtube.com/watch?v=xTZb7EseISw


ou encore de compositeurs
Satie
http://www.youtube.com/watch?v=cG0R7TVm0u0


Prokofiev (ici il avoue son forfait !)
http://www.youtube.com/watch?v=kRPKzrq-3A8


Haendel...
http://www.youtube.com/watch?v=gGDCnvf5WB0


etc :-) Il me pardonnera de vendre la mèche mais ...!!!

Litteratus 12/11/2012 20:35



L'origine de ces sonnets sont un mystère pour ma part...



lizagrèce 03/06/2012 21:30


C'est vrai que larmoyer ne sert à rien. Pleurer un bon coup peut être salutaire .


http://maisondeliza.over-blog.fr

Litteratus 06/06/2012 19:37



En effet...