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Gazette littéraire

Le déclin du héros (Echenoz)

Repères : thème du sport : l’étude

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Zatopek : un héros en déclin

Résumé : dans l’article précédent, nous avons présenté Emile Zatopek, célèbre coureur de fond, le héros du roman de Jean Echenoz, Courir. Avec son style inimitable, l’athlète se fait connaître dans le monde entier pour ses records sur toutes les distances possibles. Zatopek est aussi un instrument de propagande entre les mains du gouvernement tchèque pro-soviétique. Bientôt la carrière du sportif connaît un déclin…

***

La retraite de Zatopek

Le déclin d’Emile Zatopek sera double à la fois sur le plan sportif mais également sur le plan politique.

Après avoir été le détenteur de tous les records inimaginables durant plus de dix ans, Zatopek doit admettre qu’il n’est plus aussi bon qu’avant. Ses concurrents tiennent enfin leur revanche :

« En attendant, il est devenu l’homme à abattre, la référence absolue, l’étalon-or de la course de fond. » (page 116). Le héros accepte avec la gentillesse qui le caractérise de laisser la place aux autres. Il continue à courir mais pour le plaisir. Il va profiter de sa retraite pour jouer un nouveau rôle.

 

La déchéance de Zatopek

C’est qu’en effet l’heure de la reconversion de notre héros tombe au même moment que le Printemps de Prague. C’est un moment-clé où Zatopek devient  lui-même. Pour la première fois de sa vie, il peut s’exprimer librement et se rallie sans peine à Dubcek. Ses paroles de champion trouvent un écho considérable dans la population. Le communisme nouveau teint semble donc soluble dans la liberté d’expression.

Mais l’état de grâce ne dure qu’un an. Plus dure sera la chute pour les artisans de la libéralisation du pays. Zatopek en paiera le prix fort avec l’arrivée des chars soviétiques qui reprennent le contrôle de tout le pays. Les arrestations ont lieu suivies de la tenue de procès sommaires.

Zatopek qui s’est compromis avec les réformistes se voit rapidement exclu du parti communiste avant d’être jugé pour déviance et expédié dans une contrée éloignée : le voilà redevenu manutentionnaire, terrassier, puis comble de l’humiliation, éboueur. Le héros des temps modernes accepte son déclin avec un courage qui l’honore. Il ne plie pas durant des années à la pression des autorités communistes. Il continue à jouir de sa popularité auprès de l’opinion publique, ce qui énerve prodigieusement les autorités.

Mais au bout de six ans, de guerre lasse, il accepte de faire son autocritique et reprend un semblant de vie normale : il devient archiviste au Centre d’information des sports.

 

Repères à suivre : l’étude : sa synthèse

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lizagrèce 24/02/2014 10:41

Triste fin !

litteratus 24/02/2014 21:02

un homme qui ploie sous le joug du pouvoir...