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Publié par Litteratus

 

Le Dartmoor avec Sherlock Holmes

 

Repères : tour d'Angleterre : l'ouest

 

 

Le Dartmoor

Le Devon est associé à la Lande, comme dans la région du Dartmoor. Il s'agit d'une vaste étendue d'arbustes, notamment de bruyères poussant dans des zones où le sol est d'une pauvreté extrême. N'y poussent que les herbes folles. Dans ce désordre apparent, le paysage reste étrange et sauvage. Une impression d'étendue sans fin nous envahit. L'expérience de la lande est incontournable.

 

Le chien des Baskerville de Conan Doyle

Il existe une œuvre du patrimoine littéraire anglais qui se rattache directement à cette terre hostile : il s'agit d'un roman policier célèbre  : le chien des Baskerville de l'écrivain écossais, Conan Doyle. Sherlock Holmes est appelé à découvrir l'énigme.


Précisons l'intrigue.


Le dernier descendant de la lignée familiale est appelé à hériter d'une fortune importante mais il doit se méfier de la légende des Baskerville qui effraie depuis des générations. Il lui faut en effet se méfier de la Lande depuis un évènement funeste qui a permis la venue d'une créature animale démoniaque.

 

Le récit qui en est fait s'avère terrifiant ainsi que nous pourrons le découvrir ensemble à la lecture du texte qui vous est proposé, lequel sera suivi de la bande-annonce du film sorti en 1959.


Il vous est en effet de découvrir la cause de la malédiction qui pèse sur cette malheureuse famille.

 


 

***

« Au temps de notre grande révolution, le manoir de Baskerville appartenait à Hugo, de ce nom, homme impie et dissolu. Ses voisins lui auraient pardonné ces défauts, car la contrée n’a jamais produit de saints ; mais sa cruauté et ses débauches étaient devenues proverbiales dans la province.

« Il arriva que Hugo s’éprit d’amour (si, dans ce cas, l’emploi de ce mot ne constitue pas une profanation) pour la fille d’un cultivateur voisin. La demoiselle, réservée et de bonne réputation, l’évitait, effrayée par son mauvais renom.

« Une veille de Saint-Michel, Hugo, de concert avec cinq ou six de ses compagnons de plaisir, se rendit à la ferme et enleva la jeune fille, en l’absence de son père et de ses frères. Ils la conduisirent au château et l’enfermèrent dans un donjon ; puis ils descendirent pour achever la nuit en faisant ripaille, selon leur coutume. « De sa prison, la pauvre enfant frissonnait, au bruit des chants et des blasphèmes qui montaient jusqu’à elle. Dans sa détresse, elle tenta ce qui aurait fait reculer les plus audacieux : à l’aide du lierre qui garnissait le mur, elle se laissa glisser le long de la gouttière et s’enfuit par la lande vers la maison de son père, distante d’environ trois lieues.

« Quelque temps après, Hugo quitta ses amis pour monter un peu de nourriture à sa prisonnière. Il trouva la cage vide et l’oiseau envolé. Alors, on l’aurait dit possédé du démon. Dégringolant l’escalier, il entra comme un fou dans la salle à manger, sauta sur la table et jura devant toute la compagnie que, si cette nuit même il pouvait s’emparer de nouveau de la fugitive, il se donnerait au diable corps et âme. Tous les convives le regardaient, ahuris. À ce moment l’un deux, plus méchant — ou plus ivre — que les autres, proposa de lancer les chiens sur les traces de la jeune fille.

« Hugo sortit du château, ordonna aux valets d’écurie de seller sa jument, aux piqueurs de lâcher la meute et, après avoir jeté aux chiens un mouchoir de la prisonnière, il les mit sur le pied. L’homme, en jurant, les bêtes, en hurlant, dévalèrent vers la plaine, sous la clarté morne de la lune.

« Tout ceci s’était accompli si rapidement que, tout d’abord, les convives ne comprirent pas. Mais bientôt la lumière se fit dans leur esprit. Ce fut alors un vacarme infernal ; les uns demandaient leurs pistolets, les autres leur cheval, ceux-ci de nouvelles bouteilles de vin. Enfin, le calme rétabli, la poursuite commença. Les chevaux couraient ventre à terre sur la route que la jeune fille avait dû prendre pour rentrer directement chez elle.

« Les amis de Hugo galopaient depuis deux kilomètres, quand ils rencontrèrent un berger qui faisait paître son troupeau sur la lande. En passant, ils lui crièrent s’il avait vu la bête de chasse. On raconte que la peur empêcha l’homme de répondre immédiatement. Cependant il finit par dire qu’il avait aperçu l’infortunée jeune fille poursuivie par les chiens.

« — J’ai vu plus que cela, ajouta-t-il ; j’ai vu galoper en silence, sur les talons du sire de Baskerville, un grand chien noir, que je prie le ciel de ne jamais découpler sur moi. »

« Les ivrognes envoyèrent le berger à tous les diables et continuèrent leur course.

« Mais le sang se figea bientôt dans leurs veines. Le galop d’un cheval résonna sur la lande et la jument de Hugo, toute blanche d’écume, passa près d’eux, les rênes flottantes, la selle vide.

« Dominés par la peur, les cavaliers se serrèrent les uns contre les autres ; mais ils ne cessèrent pas la poursuite, quoique chacun, s’il eût été seul, eût volontiers tourné bride.

« Ils arrivèrent enfin sur les chiens. La meute était réputée, pour sa vaillance et ses bonnes qualités de race ; cependant les chiens hurlaient lugubrement autour d’un buisson poussé sur le bord d’un profond ravin. Quelques-uns faisaient mine de s’éloigner, tandis que d’autres, le poil hérissé, les yeux en fureur, regardaient en bas, dans la vallée.

« La compagnie, complètement dégrisée, s’arrêta. Personne n’osant avancer, les trois plus audacieux descendirent le ravin.

« La lune éclairait faiblement l’étroite vallée formée par le fond de la gorge. Au milieu, la pauvre jeune fille gisait inanimée, à l’endroit où elle était tombée, morte de fatigue ou de peur. Ce ne fut ni son cadavre, ni celui de Hugo, étendu sans mouvement à quelques pas de là, qui effraya le plus les trois sacripants. Ce fut une horrible bête, noire, de grande taille, ressemblant à un chien, mais à un chien ayant des proportions jusqu’alors inconnues.

« La bête tenait ses crocs enfoncés dans la gorge de Hugo. Au moment où les trois hommes s’approchaient, elle arracha un lambeau de chair du cou de Baskerville et tourna vers eux ses prunelles de feu et sa gueule rouge de sang…. Le trio, secoué par la peur, s’enfuit en criant.

Le chien des Baskerville, Conan Doyle, traduction Jassaud

http://fr.wikisource.org/wiki/Le_Chien_des_Baskerville/Chapitre_II

 

 

 

 

 

Repères à suivre : Plymouth

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