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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

L'automne lumineux (La Fontaine)

   

L'automne est une saison qui a inspiré Jean de La Fontaine dans sa fable, Phébus et Borée alias le soleil et le vent...

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Repères : thème des saisons: le cycle des saisons (6)

Dans l'article précédent, il a été question de la célèbre chanson de Verlaine, restons encore avec cette saison, mais découvrons-la sous un jour moins humide avec un célèbre fabuliste du XViie siècle, La Fontaine.

La Fontaine 

L'automne n'est pas qu'une saison sombre et triste.

Les journées peuvent être encore sublimes avec des touches colorées et une douceur d'un instant. Mais la beauté de cette saison doit beaucoup à un combat périlleux entre deux éléments de la nature : le vent et le soleil...

Découvrez le combat mené entre le Soleil et le Vent tel qu'il nous est rapporté par La Fontaine...

Une maxime à méditer...

Phébus et Borée.

Borée (1) et le soleil virent un voyageur
Qui s'était muni par bonheur
Contre le mauvais temps.
On entrait dans l'automne,
Quand la précaution aux voyageurs est bonne :
Il pleut, le soleil luit, et l'écharpe d'Iris (2)
Rend ceux qui sortent avertis

Qu'en ces mois le manteau leur est fort nécessaire ;
Les Latins les (3) nommaient douteux (4), pour cette affaire (5).
Notre homme s'était donc à la pluie attendu :
Bon manteau bien doublé, bonne étoffe bien forte.
«Celui-ci, dit le Vent, prétend avoir pourvu
A tous les accidents;
mais il n'a pas prévu
Que je saurai souffler de sorte

Qu'il n'est bouton qui tienne ; il faudra, si je veux,
Que le manteau s'en aille au diable.
L'ébattement (6) pourrait nous en être agréable :
Vous plaît-il de l'avoir ? -
Eh bien, gageons nous deux,
Dit Phébus, sans tant de paroles,
A qui plus tôt aura dégarni les épaules
Du cavalier que nous voyons.

Commencez : je vous laisse obscurcir mes rayons.»
Il n'en fallut pas plus. Notre souffleur à gage
Se gorge de vapeurs, s'enfle comme un ballon,
Fait un vacarme de démon,

Siffle, souffle, tempête, et brise en son passage
Maint toit qui n'en peut mais, fait périr maint bateau,

Le tout au sujet d'un manteau.
Le cavalier eut soin d'empêcher que l'orage
Ne se pût engouffrer dedans;
Cela le préserva.
Le Vent perdit son temps;
Plus il se tourmentait, plus l'autre tenait ferme;
Il eut beau faire agir le collet et les plis.
Sitôt qu'il fut au bout du terme
Qu'à la gageure on avait mis,
Le soleil dissipe la nue,
Récrée et puis pénètre enfin le cavalier,

Sous son balandras  (7) fait qu'il sue,
Le contraint de s'en dépouiller :

Encor n'usa-t-il pas de toute sa puissance.

Plus fait douceur que violence.

           

La Fontaine, Fables, VI, 3. wikisource lien

1.le dieu du vent  

2. en fait, un arc en ciel

3. les mois

4.incertains

5 pour cette raison

6. pour cette raison

7. passe-temps

8. cape chaude

Repère à suivre : La froidure de l'hiver (Hugo) 

  

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Jean-Yves 29/06/2010 14:27



Moi qui d'ordinaire
N'est pas poème
J'avoue avoir
Passé un agréable moment
En compagnie de celui-ci.
Bises
Jean-Yves



Litteratus 29/06/2010 15:14



Tu es épa-tant !



Cat 18/05/2010 11:13



La Fontaine me rappelle mon grand-père instituteur et les vers qu'il déclamait avec emphase et conviction!


Ici l'automne est la plus belle saison. Les paysages se parent de milles couleurs, et l'air  qui devient plus doux nous prépare peu à peu  à l'hiver. 


 



Litteratus 18/05/2010 12:29



Je suis contente de trouver des amis de La Fontaine qui n'est plus en cour de nos jours...


Finalement, c'est l'hiver lorsqu'il s'éternise qui glace nos cœurs...



lyly 17/05/2010 06:47



Pas si facile à lire que ça !


Mais encore une fois une jolie morale qui nous sied parfaitement !


Belle journée, bises, Lyly


 


 



Litteratus 18/05/2010 12:19



J'ai mis des notes en bas de page pour faciliter la lecture.


Mais le pari entre le vent et le soleil valait bien que l'on s'appesantisse sur cette fable ardue pour que, comme tu le relèves si justement, la morale nous pénètre en profondeur  !



Pascal 16/05/2010 11:49



Ah les fablablas de Lafontaine... a+ Lit



Litteratus 16/05/2010 20:04



Soit, mais la morale reste toujours éternelle : la douceur fait plus que la violence...



lizagrèce 15/05/2010 13:21



Certes l'automne peut mêler: soleil, vent et pluie, mais, malgré cela, je persiste : je ne l'aime pas !



Litteratus 16/05/2010 20:03



C'est pour cela que tu vis au soleil des Hellènes !