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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Le ballon dirigeable (1) : la conquête du ciel

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Repères  : thème du Mouvement : le feuilleton

 En ce début d'année 1908, dans la commune d'Hermine sur Oise, on ne parlait plus que d'une chose : l'acquisition d'un terrain par le célèbre Auguste Mayard en vu d'édifier une usine.

Cette implantation se révélait être une aubaine pour cette petite ville du nord de la France, essentiellement agricole, ravie de voir s'installer une activité industrielle promise à un avenir radieux : les aéronefs. Prise de fièvre sur le sujet, la Presse relatait avec passion les exploits de ces aventuriers prêts à tout pour réaliser l'impossible rêve d'Icare. Les articles se passaient ainsi de mains en mains au zinc du bistrot de toutes les communes de France. Hermine sur Oise ne dérogeait pas à la règle et ses habitants, radieux, plastronnaient.

Nul n'ignorait la biographie illustrée de ce Mayard, homme d'une cinquantaine d'années, robuste, à la moustache blanche immaculée, l'œil bleu vif, considéré comme le fils du pays devenu, en quelques décennies, le chef de file des ces industries révolutionnaires.

Dès sa seizième année, Auguste Mayard avait en effet quitté sa région pour réaliser à pied son tour de France. La ferronnerie le passionnait depuis sa prime jeunesse. Pendant trois ans, il vit ainsi du pays, fut reçu par des compagnons bienveillants, travailla avec eux tout en développant une extraordinaire ingéniosité.  Lorsqu'il se fit employer par un marchand de cycles, sa vie bascula vers la modernité. Intrépide, notre jeune inventeur participa avec fougue aux courses cyclistes qui étaient monnaie courante, le dimanche dans les campagnes. Il y gagna des prix. Cela lui permit de prendre conscience de l'importance du vélocipède dans cette France de carrioles et de calèches. Le XIXème siècle offrait une réussite économique inouïe à tous les êtres inventifs et téméraires épris de technologie en perpétuelle mutation. Dès lors, il chercha instinctivement à améliorer la structure de l'engin. Avec l'argent qu'il économisait dûment, il finit par réaliser l'ossature métallique du cycle en tube d'acier. Doté d'un flair infaillible,  il obtint en outre l'exclusivité des licences de marques étrangères. Son commerce prospéra rapidement.

C'est ainsi qu'Auguste Mayard  démarra dans le cycle, puis fit fortune dans le motocycle et enfin dans l'automobile. Mais mû par une ingéniosité toujours débordante, cet industriel célèbre décida de se lancer un nouveau défi en participant à la course aéronautique qui se jouait aussi au-delà du Rhin.

Pour les établissements Mayard, le terrain d'Hermine sur Oise se présentait donc comme un lieu hautement stratégique pour la conquête du ciel. Les travaux de construction de l'usine démarrèrent rapidement ; les ateliers poussèrent comme des champignons ainsi qu'un énorme hangar et ce, à la plus grande satisfaction des boutiquiers de la commune qui virent affluer de l'usine de Levallois-Perret des ouvriers bien payés et heureux de consommer sur place.

 

Mais dans le concert de louanges, un homme ne partageait pas cet engouement... (à suivre)

 

                                           M.Aragnieux

 

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lylyI 27/04/2011 09:05



Bonjour L


C'est un plaisir de lire ce texte plein de ferveur sur le début d'une belle et grande


aventure


Bises, Lyly



Litteratus 27/04/2011 13:45



Une vraie épopée, en effet !



lizagrèce 26/04/2011 12:47



Un nouveau feuilleton ?



Litteratus 26/04/2011 19:36



Oui, Madame ! il se finit à la fin du mois !