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Gazette littéraire

La victoire de la Grande course de Flanagan (McNab)

Repères : thème du sport : l’étude

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La Grande course de Flanagan : la victoire

Résumé : dans l’article précédent, nous avons indiqué que le sujet de l’étude s’articulait autour du caractère épique du sport au travers des deux livres suivants :

- La grande course de Flanagan de Tom McNab, roman publié en 1982,

- Courir de Jean Echenoz, roman publié en 2008,

 Le premier ouvrage a permis de nous faire entrer dans l’univers du récit épique et de faire connaissance avec les personnages principaux de cette course. Il s’agit pour l’essentiel d’hommes ordinaires de milieu modeste qui vont se révéler de véritables héros des temps modernes. Mais le caractère épique de ce récit ne se limite pas aux exercices sportifs, l’organisation de la course a connu elle aussi un certain nombre de péripéties dignes de l’exploit. Les problèmes financiers finissent par menacer la course qui ne se poursuit que grâce à l’intervention d’un généreux mécène ; ce dernier impose un nouveau règlement de la course : il exige que la cagnotte ne soit versée qu’au vainqueur de l’épreuve finale, annulant tout le classement passé. Les coureurs transcendés par leurs efforts acceptent de tout rejouer. La victoire est enfin proche…

 

**** 

Retour du chacun pour soi

La dernière épreuve s’est transformée en un marathon de 42,195 km qui s’achève au Madison Square Garden de New York. Il s’agit d’une épreuve individuelle rompant avec la solidarité entre athlètes vécue durant les cinq mille kilomètres. Ce changement de règles de dernière minute entraîne de facto une redéfinition des alliances passées. La cagnotte mirobolante n’ira en définitive qu’au seul vainqueur. C’en est peut-être fini de l’esprit d’équipe de cette course extraordinaire. Doc Cole morigène ses anciens équipiers :

«Qu’est-ce qui vous arrive, les gars ? Avez-vous oublié ce que je vous ai appris ? Vous êtes des pros. Des pros ; Demain, c’est chacun pour soi et Dieu pour tous. Alors si vous n’en avez pas pour ma peau jusqu’à Central Park-et après la vôtre, mutuellement- j’aurai honte de vous ! » (page 594).

Deux heures de course vont permettre de couronner le vainqueur de la plus longue course de l’histoire. Les enjeux sont immenses. Les coureurs sont concentrés et prêts à tout pour décrocher le gros lot. La chaleur est accablante en ce 20 juin 1931 Doc Cole s’élance et se trouve en tête de la course. Il concrétise le rêve de toute une vie. La Trans-América lui a permis d’atteindre « le centre de lui-même » (page 614)

 

La victoire pour tous

C’est alors que cet athlète d’exception en passe de gagner arrête sa progression, la foule fait taire ses clameurs. Un silence se répand dans le stade. Le finish de la course s’effectue de manière inattendue. Le héros du jour attend ses anciens coéquipiers pour franchir avec eux triomphalement la ligne d’arrivée. L’exploit final d’une générosité insigne est unique en son genre comme ce livre qui redonnerait à tous le goût du sport.

Dans l’article suivant, nous resterons dans l’univers de la course de fond avec le roman de Jean Echenoz, Courir, consacré à Emile Zatopek, recordman toutes catégories et ce, pendant des années.

 

Repères à suivre : Zatopeck, Portrait d’un coureur qui s’ignore (Echenoz)

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