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Publié par Litteratus

La rencontre de deux vieillards (Noëlle Chatelet)

La fin de la solitude

Repères : thème de la vieillesse : l’étude

Résumé : Il a été indiqué dans l’article précédent que l’étude de ce mois portera sur la vieillesse, un âge d’or. Il sera proposé de lire deux ouvrages dissemblables mais qui ont pour originalité de conjuguer la vieillesse et l’amour :

  • L’amour aux temps du choléra, roman publié en 1985 par Gabriel Garcia Marquez,
  • La femme coquelicot, roman publié en 1997 par Noëlle Chatelet.

Il sera question de savoir comment nos deux héroïnes vont répondre à cet amour au crépuscule de leur vie.

Après avoir mis en évidence dans L’amour aux temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez que « c’est la vie qui n’a pas de limites », il nous appartient de voir si cette vérité se vérifie aussi dans le roman de Noëlle Chatelet.

***

La rencontre

Veuve, Marthe vit dans le décor terne de son appartement parisien qui n’a pas bougé depuis des années. Elle se considère comme une vieille dame dont la solitude se fait moins pesante entourée de ses enfants et de ses petits–enfants. Or, un évènement décisif -ayant eu lieu la veille- la conduit à rompre avec ses petites habitudes. Dans le restaurant où elle a pris l’habitude de venir faire ses mots croisés, elle a accepté de boire un café qu’un vieil homme lui a offert. Elle a ainsi croisé le regard d’un habitué qu’elle a pris l’habitude de nommer « l’homme aux mille cache-col. » (page 8).

 

Ce regard et la salutation qu’il lui a adressés ont suffi à lui donner envie de le revoir. C’est la première fois depuis des années qu’elle a un projet particulier pour la journée à venir. Voilà une audace à son âge dont elle ne se lasse pas de s’étonner et qui lui paraît néanmoins bien grotesque. Mais le ridicule de la situation cède rapidement devant la peur de perdre celui qu’elle vient à peine de rencontrer. Il se nomme Félix ; il est artiste. Une évidence se fait jour en elle ; elle retrouve le goût de la vie et le sens des couleurs vives. Les deux vieillards ont rapidement le sentiment de s’être ainsi trouvés :

« Seuls sont debout, droits, une vieille dame et un vieux monsieur qui s’observent en clignant les yeux dans la lumière crue de midi, éblouis. » (page 21).

 

Les invitations

L’homme commence à inviter Marthe à dîner dans le café, ce qui change bien les habitudes de cette dernière qui craint la nuit. Il lui fait la cour, la complimente, lui dit qu’il la trouve belle. Il la trouble. Puis, ce sont des invitations à des expositions, à des concerts, à l’opéra. Tout est entre eux un perpétuel divertissement. Ces rencontres vont se ritualiser et apporter bien de l’agrément. Pour Marthe, c’est le délice de l’attente qu’elle savoure sans limites :

« Maintenant, elle sait profiter de l’attente. Elle se vautre dedans. Elle y languit avec délices, application, en fabricant pour elle, pour lui, pour eux, des phrases qui ne serviront pas –puisque les choses se passent rarement comme elle avait  prévu-, mais qui comblent l’attente de jubilation, d’allégresse, le chiffre sept sur l’horloge n’étant plus hors d’atteinte mais au contraire, à l’infini, vécu et revécu. » (page 41).

 

 Il lui écrit des lettres d’amour. Il la dessine. Marthe est prête à aimer…

 

Repères à suivre : l’étude : Une femme prête à aimer au soir de sa vie (Noëlle Chatelet)

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