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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

La rencontre de Bouvard et de Pécuchet (Flaubert)

La rencontre de Bouvard et de Pécuchet (Flaubert)

 

Repères : thème du ridicule : l'étude

Résumé : Il a été précisé dans le précédent article le choix du thème de l'anti-héros dans la littérature au travers de deux œuvres totalement opposées dans leurs visées :

- Bouvard et Pécuchet, roman posthume et inachevé de Flaubert publié en 1881,

- Un Anglais sous les tropiques, roman publié en 1981 de William Boyd.

***

Une amitié due au hasard des rencontres

Deux hommes se promènent à Paris sous une chaleur accablante. Ils s'assoient sur le même banc et commencent à échanger des propos d'une insipidité flagrante. Ils s'aperçoivent d'un coup d'œil qu'ils ont inscrit tous deux leur nom à l'intérieur de leur chapeau. Les deux hommes se jaugent mutuellement ; l'un est rond et blond, l'autre est brun et sec. Ils semble manifestement s'apprécier avant d'engager plus avant une conversation tout aussi stupéfiante au cours de laquelle ils s'émerveillent de leurs affinités communes. Employés de bureau, ils partagent les mêmes opinions politiques, ainsi que diverses considérations sur la vie, la religion, et les femmes. Ils ont surtout en commun un goût prononcé pour la science. Une vraie rencontre se fait jour entre ces deux vieux garçons :

« Ainsi leur rencontre avait eu l’importance d’une aventure. Ils s’étaient, tout de suite, accrochés par des fibres secrètes. D’ailleurs, comment expliquer les sympathies ? Pourquoi telle particularité, telle imperfection indifférente ou odieuse dans celui-ci enchante-t-elle dans celui-là ? Ce qu’on appelle le coup de foudre est vrai pour toutes les passions. Avant la fin de la semaine, ils se tutoyèrent. » (chapitre 1er, page 12)

 

Chavignolles : le projet de leur vie

L'amitié des deux hommes les pousse à vouloir passer le plus de temps possible ensemble. Une occasion inespérée s'offre à eux. Un héritage pour l'un et des économies outre la mise à la retraite pour l'autre les mènent à acquérir hors de Paris une demeure où ils pourront mener à bien les expériences scientifiques qui les intéressent tant. Les voilà donc partis pour Chavignolles, village normand. La route vers leur nouvelle retraite prend alors une tournure absurde. Pécuchet qui suit la voiture de déménagement se perd en route et perd neuf jours de transport :

« Au delà de Bretteville, ayant quitté la grande route, il s’engagea dans un chemin de traverse, croyant voir à chaque minute le pignon de Chavignolles. Cependant les ornières s’effaçaient, elles disparurent, et ils se trouvèrent au milieu des champs labourés. La nuit tombait. Que devenir ? Enfin Pécuchet abandonna le chariot, et pataugeant dans la boue, s’avança devant lui à la découverte. Quand il approchait des fermes, les chiens aboyaient. Il criait de toutes ses forces pour demander sa route. On ne répondait pas. Il avait peur et regagnait le large. » (chapitre 1, page 27)

De son côté, Bouvard n'est pas en reste car par mégarde, il se trompe de train et parvient à Rouen. Il finit par arriver avec un jour de retard à Chavignolles.

Enfin, ils sont chez eux, ils sont heureux. Leur nouvelle vie est placée sous les meilleurs auspices  : ils veulent débuter leurs expériences en s'adonnant à l'horticulture.

 

repères à suivre : l'étude : Bouvard et Pécuchet, les nouveaux « gentlemen farmers » (Flaubert)

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