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Publié par Litteratus

 

La rencontre avec Marguerite Courtot (2)

 

 

Repères : thème du mariage : le feuilleton

 

 Résumé : Théodore de Lauzun se fait des relations plutôt que des amitiés dans ce Paris du début des années folles. Son programme de réjouissances tient en trois mots : des spectacles, des soupers, des femmes. Ces dernières, il les a toujours regardées de loin comme un sujet de curiosité, un peu plus pour être honnête...


Il pénétre mieux le monde mystérieux de la féminité : il fait une rencontre décisive...


***

 

Une soirée de Mars 1919

Ce fut à la faveur d'un soirée organisée au mois de mars 1919 qu'il fut distingué par une jeune fille blonde, au teint diaphane, aux yeux noisette, mince et élancée, elle possédait surtout des mains longues d'une finesse incroyable. Marguerite Courtot était une rare élève de Satie qui travaillait à l'époque à son troisième nocturne.


Au cours d'une réception boulevard Saint-Germain, on lui présenta Théodore de Lauzun. Les jeunes gens se saluèrent. Il la regarda droit dans les yeux, découvrant la même blondeur et la même clarté dans ses yeux que Madame Irène. Marguerite devait avoir vingt ans. L'examinant toujours avec soin, un brin rêveur, il laissa un silence gênant se faire jour et la demoiselle se sentit obligée de lui poser des questions, s'il était parisien, s'il aimait les fêtes, s'il aimait les femmes blondes....La jeune fille n'était pas farouche. Un peu interdit par la franchise de son interlocutrice, il devint rouge de confusion ; il s'en tint à sa réponse usuelle en une syllabe, oui-non ; son regard était passablement fuyant. En quelques minutes, il avait perdu toute confiance en lui et ne savait pas comment impressionner quelqu'un qui l'avait déjà impressionné. Il ne vit qu'une issue : la fuite. Il chercha à s'échapper de ce regard moqueur posé sur lui pour reprendre contenance.


Bon enfant, elle le laissa s'enfuir puisque tel était son vœu. Marguerite Courtot le regarda partir avec sa claudication prononcée ; intriguée, elle ne le quitta plus des yeux de la soirée.

Elle le vit évoluer dans les salons. Elle s'étonna de son rire massif qui résonnait au loin dans la salle. Mais une chose la surprit : elle constata l'animation de son visage. Il savait prendre la lumière. Il rayonnait d'un éclat ineffable. Quelque chose d'attrayant émanait de son visage empourpré. Il s'exprimait avec prestance. Il lui plut aussitôt car il ne ressemblait pas aux autres.

 

Elle l'aima donc le premier. Elle décida qu'elle mettrait tout en œuvre pour qu'il tombe sous son charme...


Les démarches de la jeune fille

Elle ne le lâcherait pas. Si la première rencontre ne fut pas un succès, elle dut faire preuve d'ingéniosité pour qu'il s'intéressât à elle aux prochaines occasions. Or, elle s'y prenait chaque fois d'une manière qui forçait la nature du jeune homme. Ses questions le déroutaient totalement. Il devenait rouge de confusion lorsqu'il ne faisait pas l'effet du parfait rustre. La timidité le rendit bien sot ; il se le reprochait amèrement, après coup. Il se dit que Madame Irène ne le mettait pas dans des états pareils. Il avait aujourd'hui honte de lui-même. Marguerite Courtot lui plaisait beaucoup....


A la deuxième tentative, elle obtint de lui non plus un mot, mais une phrase. Effort louable ! La partie serait loin d'être gagnée, pensa-t-elle. Mais la jeune fille avait de la ressource et elle voulait terriblement s'attacher le cœur de ce rude gaillard.


Elle réussit à l'intéresser enfin à sa jeune personne en lui récitant des vers de Virgile. Rouée, la jeune fille avait pris des renseignements sur sa proie. Elle s'était procurée l'Enéide et avait même appris avec une facilité stupéfiante les plus beaux vers. Elle lui récita ceux touchant à la mort de Didon : « j'enlève cette âme dévouée au dieu des enfers, et je la délivre de son corps » (livre IV). La troisième tentative fut donc la bonne. Elle le toucha en plein cœur. Théodore se trouvait en terrain connu avec Virgile. Il n'était plus question de faire le sot, l'imbécile pensa-t-il. Il trouva la contenance qui lui manquait tant. Il put s'exprimer devant elle avec la chaleur des mots qu'ils voulaient lui dire.


Maligne, Marguerite se mit en œuvre de lui résister désormais. Elle l'avait appâté ; le poisson était ferré : il restait au jeune homme à parcourir à son tour le chemin qui le conduirait vers elle. Juste retour des choses. Une sorte de carte de Tendre ! Théodore entreprit de lui faire la cour de manière assidue.

 

repères à suivre : le feuilleton : les entreprises de séduction de Théodore de Lauzun

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