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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

La porte des enfers (Dante)

 

 

La porte des enfers (Dante)

 

 (porte des Enfers, Rodin, Musée des Beaux-Arts, Zurich)

 

Inscription sur la porte des enfers

Repères : thème de la porte : présentation

Un frisson d'angoisse

Nous avons pénétré dans le cabinet secret de Barbe Bleue, nous avons découvert le comble du mal, restons-y si vous le voulez bien en découvrant la porte des douleurs : la célèbre porte des Enfers, chère à Dante dans son ouvrage la Divine Comédie.

Découvrons aujourd'hui l'inscription qui y figure sans réprimer un frisson d'angoisse : les gémissements, le bruit nous accueillent : bienvenu aux Enfers...

***

"Par moi l’on va dans la cité des pleurs ; par moi l’on va dans l’éternelle douleur ; par moi l’on va chez la race perdue. La Justice mut mon souverain Auteur : la divine Puissance, la suprême Sagesse et le premier Amour me firent. Avant moi ne furent créées nulles choses, sauf les éternelles, et éternellement je dure : vous qui entrez, laissez toute espérance !
Je vis ces paroles écrites en noir au-dessus d’une porte ; aussi je dis : — Maître, douloureux m’en est le sens. Et lui à moi, comme personne accorte : « Ici l’on doit laisser toute crainte ; toute faiblesse doit être morte ici.
Nous sommes venus au lieu où je t’ai dit que tu verrais les malheureux qui ont perdu le bien de l’intelligence. »


Et ayant posé sa main sur la mienne, d’un visage serein qui me ranima, il m’introduisit au dedans des choses secrètes. Là, dans l’air sans astres, bruissaient des soupirs, des plaintes, de profonds gémissements, tels qu’au commencement j’en pleurai. Des cris divers, d’horribles langages, des paroles de douleur, des accents de colère, des voix hautes et rauques, et avec elles un bruit de mains, faisaient un fracas qui sans cesse tournoie dans cet air à jamais ténébreux, comme le sable roulé par un tourbillon. Et moi, dont la tête était ceinte d’erreur, je dis : —Maître, qu’entends-je ? et quels sont ceux-là qui paraissent plongés si avant dans le deuil ? Et lui à moi : « Cet état misérable est celui des tristes âmes qui vécurent sans infamie ni louange. Elles sont mêlées à la troupe abjecte de ces anges qui ne furent ni rebelles, ni fidèles à Dieu, mais furent pour eux seuls. Le ciel les rejette, pour qu’ils n’altèrent point sa beauté : et ne les reçoit pas le profond enfer, parce que les damnés tireraient d’eux quelque gloire."

La divine comédie, Dante, traduction de Lamennais

http://fr.wikisource.org/wiki/La_Divine_Com%C3%A9die_%28trad._Lamennais%29/L%E2%80%99Enfer/Chant_III

 

repères à suivre : présentation : la porte étroite (Péguy)

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