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Gazette littéraire

La porte d'Ishtar (Bouchor)

 

La porte d'Ishtar (Bouchor)

 

  Le franchissement de sept portes

Repères : thème de la porte : présentation

 

Les sept portes

Après avoir vu que les portes étaient associées aux fenêtres, entrons aujourd'hui dans le vif du sujet avec la porte monumentale. Il vous est proposé de retrouver la ville de Babylone et la déesse Ishtar qui a donné son nom à l'une des huit portes immenses de la cité mythique.

 

La déesse par amour descendra aux enfers à la recherche de son bien aimé. Sa sœur Allat la contraint à franchir sept portes dans des conditions humiliantes : la porte est déjà l'expression d'un symbole...

***

 

 

(...)La voix du bien aimé, l’amère et tendre plainte
Vient d’arracher Istar de sa demeure sainte ;
Elle s’élance vers le palais souterrain.
Bientôt, heurtant la porte où des serpents d’airain
Se tordent furieux : « Je romprai tes murailles,
Sœur, si tu restes sourde au cri de mes entrailles !
Istar rit dans la guerre ; elle exalte les forts.
Ouvre ! ou j’affranchirai tout le peuple des morts. »

Une lugubre voix lui répond : « Ma maîtresse,
O royale Istar, prend pitié de ta détresse
Et veut, pour Ta Grandeur, faire fléchir nos lois.
Viens ; les sept portes vont s’ouvrir. Mais, chaque fois
Que mes puissantes clefs crieront dans leurs serrures,
Il faudra dépouiller une de tes parures. »

Istar franchit le seuil funèbre et ne dit rien.
Elle sent ruisseler ses larmes... Le gardien
Prend la tiare d’or de sa tête immortelle ;
Et l’Aral vaste et nu s’étale devant elle.
Elle marche, les yeux aveuglés par les pleurs.
A la deuxième entrée, ô déesse des fleurs,
Tu dois abandonner tes clairs pendants d’oreilles.
Plus loin c’est ton collier d’escarboucles pareilles
A des lacs merveilleux qu’empourpre le matin.
Bientôt tu seras nue en face du Destin,
Luttant pour ton désir, ta passion, ta vie.
Ta robe éblouissante, Ô Reine, t’est ravie.
Tu livres en silence au gardien du calais
L’armille de ta jambe et tes lourds bracelets ;
Et tu défais avec ta ceinture d’étoiles
La tunique de lin, le dernier de tes voiles...
Allat, dont le visage amer s’est contracté,
Voit surgir dans sa noble et sainte nudité
Celle qui réjouit les hommes et les bêtes
Et dont le fier sourire apaise les tempêtes.

 

Les symboles, Bouchor (1855 – 1929)

http://fr.wikisource.org/wiki/Istar


repères à suivre : le mystère de la porte close

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