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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

La part mystérieuse de soi dans la littérature

 

La part mystérieuse de soi dans la littérature

 

« On est quelquefois aussi différent de soi-même que des autres » (La Rochefoucauld)

 

Repères : thème de soi : l'étude

 

Soi, comme sujet d'étude

Ce grand moraliste du XVIIème siècle considère que l'homme se sent à l'occasion autant différent des autres que de lui-même. Cette maxime nous place d'emblée dans la profondeur abyssale de l'intériorité humaine. Loin d'y être en terre connue, voilà que l'être humain s'y trouve parfois seul lorsqu'il ne sent pas totalement perdu. Cette intuition du moraliste de l'époque classique trouvera sa pleine expression, trois siècles plus tard, avec la découverte des théories psychanalytiques faisant de l'homme du XXème siècle, l'être le plus « égaré» du monde, l’inconscient gouvernant ses pulsions de vie ou de mort. Nous voilà donc face à un mystère impénétrable : soi, comme sujet d'étude. Mais qu'en est-il du traitement de soi, de l'ipséité dans la littérature ?

 

Emprunt au répertoire anglais

L'invention narrative de soi dans la Littérature remonte également à la première partie du XXème siècle. (cf Fabula http://www.fabula.org/revue/cr/452.php) On pense ainsi à Proust, et à Joyce qui ont mis le ressenti du narrateur au centre de leur œuvre. De nos jours, la tendance est à l'accentuation de la narration du soi avec le phénomène de l'autofiction qui est devenu une véritable mode au point de friser l'indigestion....

Il vous est proposé une lecture suivie de deux œuvres du répertoire anglais totalement différentes mais qui traitent de l'intime  :

- Mrs Dalloway de Virginia Woolf, roman publié en 1925,

- La vie très privée de Mr. Sim de Jonathan Coe, roman publié en 2010.

 

Brève présentation

Dans le premier roman, on assiste à un enchaînement de monologues de personnages qui se croisent durant l'espace d'une seule journée. Les perceptions et les sensations sont la traduction de ces manifestations du monde extérieur, si loin, si difficilement intelligibles tant l'abîme intérieur est profond. Il en ressort une coexistence de deux formes de discours, celui public et celui intime. Chacun cherche à éclairer sa propre conscience de soi. Si une certaine impossibilité de communiquer se fait manifeste entre les êtres, on aperçoit aussi derrière le caractère hétérogène des différents monologues, une forme de résonance. L'un éclaire l'autre...

 

Dans le second roman rédigé à la première personne du singulier, il est davantage question de narrer la vie intérieure de Maxwell Sim, archétype du « pauvre type » qui voit sa femme le quitter avec leur fille, qui accepte un travail absurde dans le Nord de l'Angleterre avant de revenir en Australie pour une raison bien précise. Ce monologue laisse une forte impression de malaise dans un univers particulier où le burlesque de la situation le dispute à son aspect tragique.

 

Débutons, si vous le voulez bien, dans le prochain article avec une journée presque ordinaire dans la vie de Mrs Dalloway...

 

Repères à suivre : l'étude : L'instant d'une journée à Londres (V. Woolf)

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