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Gazette littéraire

Faisons un songe brûlant une nuit d'été....

 

 

La Gazette s'était intéressée en 2009 au thème qui nous occupe en publiant un article dédié aux feux de la Saint Jean, traditionnels le 24 juin.


Que se passait-il à cette date ? Proche du solstice d'été (21 juin), après des bénédictions religieuses, une fête s'organisait avec sa musique et ses danses...

 

On en retrouve la trace dans plusieurs œuvres littéraires. Prenons celle de Shakespeare où la folie collective s'empare des fées, des elfes, des hommes et des femmes aux prises avec leurs passions amoureuses. Dans les bois règne une ambiance de fête, de danse, de musique enivrante.


« TITANIA.--Ce sont là des inventions de la jalousie. Jamais, depuis le solstice de l'été, nous ne nous sommes rencontrés sur les collines, dans les vallées, dans les forêts, dans les prairies, auprès des claires fontaines, ou des ruisseaux bordés de joncs, ou sur les plages de la mer, pour danser nos rondes au sifflement des vents, que tu n'aies troublé nos jeux de tes clameurs. (…) "(acte II, scène 1er)


« TITANIA. Si vous voulez vous mêler patiemment à nos rondes, et assister à nos ébats au clair de la lune, venez avec nous; sinon, évitez-moi, et je ne troublerai pas vos retraites. "( acte II, scène 1er)


Pris d'un sentiment de jalousie tenace, le roi des fées use du pouvoir magique de fleurs pour inverser le cours des affections du cœur. Les attachements amoureux deviennent changeants et menaçants sous la chaleur d'une nuit pleine de soubresauts. Le sommeil les guette cependant.


« HÉLÈNE.--Ô pénible nuit ! ô longue et ennuyeuse nuit !  abrège tes heures. Brille à l'orient, consolante lumière, que je puisse au lever du jour retourner à Athènes, et m'éloigner de ceux qui détestent ma présence importune.--Et toi, sommeil, qui daignes quelquefois fermer les yeux du chagrin, dérobe-moi pour quelques instants à moi-même. (Elle se couche et s'endort.)

PUCK.--Rien que trois encore d'endormis? Qu'il en vienne encore une, deux couples font quatre.--La voici qui arrive courroucée et triste.--Cupidon est un fripon d'enfant, de rendre ainsi folles les pauvres femmes.

(Entre Hermia.)

HERMIA.--Jamais je ne fus si lasse, jamais je ne fus si désespérée : trempée de rosée, déchirée par les ronces, je ne peux ni aller, ni me traîner plus loin : mes jambes ne peuvent suivre le pas de mes désirs : il faut que je me repose ici jusqu'au point du jour. Que le ciel couvre Lysandre d'un bouclier, si leur intention est de se battre ! (Elle se couche.) » (acte III, scène 2)


Mais toute cette folle histoire n'a duré que le temps d'une nuit, tout rentrant dans l'ordre au petit matin... à moins que : "Ombres que nous sommes, si nous avons déplu, figurez-vous seulement (et tout sera réparé) que vous n'avez fait qu'un somme, pendant que ces visions vous apparaissaient. (...)" (acte V, scène 1er).


La vie serait-elle une forme de songe ?

 

Shakespeare, le songe d'une nuit d'été

gazette-tetiere.jpgSi vous avez aimé cet article, vous aimerez peut-être La jeunesse au travers des vers

 

 

 

 

 

 

 

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flora 06/08/2011 20:44



Oui, la vie n'est qu'un songe, la preuve en est la mémoire qui en reste...



Litteratus 07/08/2011 21:47



CQFD



lizagrèce 04/08/2011 12:43



C'est l'une des  pièces de Shakespeare que je préfère.



Litteratus 04/08/2011 12:45



J'en suis heu-reuse !