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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Le péril causé par la musique (Stendhal)

Le thème de la musique dans la littérature renvoie à de célèbres sérénades comme dans celles qu'entend Fabrice Del Dongo dans son donjon : des notes, des appels à la liberté ?

stendhal, chartreuse de parme, musique, sérénade, fabrice del dongo

Repères : thème de la musique : présentation

Dans l'article précédent, il a été question de la musique proposée par des chanteurs itinérants, nous verrons aujourd'hui la sérénade et les risques qu'elle fait courir  à celui qui l'exécute ou l'entend sous la plume de Stendhal dans la Chartreuse de Parme.

Stendhal

Dans la Chartreuse de Parme, Stendhal décrit finement les craintes du gouverneur de prison qui garde Fabrice del Dongo en cellule : les musiciens sont étroitement surveillés, quitte à passer une nuit en prison...

On peut s'en étonner. De quels risques veut-on se prémunir lorsqu'on détient soi-même un prisonnier ?

Liberté

La musique fait naître à bon droit de justes craintes : les notes peuvent former un hymne à la liberté d'une manière générale ou contenir, de manière plus prosaïque, des messages..

  "Il y eut plusieurs sérénades ; le ponctuel gouverneur ne les souffrait que parce qu’elles engageaient avec le marquis Crescenzi sa fille Clélia, dont le caractère lui faisait peur : il sentait vaguement qu’il n’y avait nul point de contact entre elle et lui, et craignait toujours de sa part quelque coup de tête. Elle pouvait s’enfuir au couvent, et il restait désarmé. Du reste, le général craignait que toute cette musique dont les sons pouvaient pénétrer jusque dans les cachots les plus profonds, réservés aux plus noirs libéraux, ne contînt des signaux. Les musiciens aussi lui donnaient de la jalousie par eux-mêmes ; aussi, à peine la sérénade terminée, on les enfermait à clef dans les grandes salles basses du palais du gouverneur, qui de jour servaient de bureaux pour l’état-major, et on ne leur ouvrait la porte que le lendemain matin au grand jour. C’était le gouverneur lui-même qui, placé sur le pont de l’esclave, les faisait fouiller en sa présence et leur rendait la liberté, non sans leur répéter plusieurs fois qu’il ferait pendre à l’instant celui d’entre eux qui aurait l’audace de se charger de la moindre commission pour quelque prisonnier. Et l’on savait que dans sa peur de déplaire il était homme à tenir parole, de façon que le marquis Crescenzi était obligé de payer triple ses musiciens fort choqués de cette nuit à passer en prison." 

La Chartreuse de Parme, Stendhal, source (livre II, chapitre XIX)

source : http://fr.wikisource.org/wiki/La_Chartreuse_de_Parme/Livre_Second/Chapitre_XIX

repère à suivre :  la mort en chantant (Misérables, Victor Hugo)

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Pascal Girard 16/10/2010 09:20



Ah si on avait mis les rolling stones au cachot il y a 50 ans et si on les y avait laisse, l'occident n'en serait pas la ou il en est aujourd'hui, c'est moi qui vous le dit ! a+ Lit


PS : l'autobiographie de Keith richards va sortir d'un jour a l'autre (en anglais), un petit article dans la Gazette le moment venu ? Joke



Litteratus 16/10/2010 11:52



J'aime bien quand tu joues les Cassandre !



lizagrèce 14/10/2010 22:12



Pas facile la vie d'artiste !



Litteratus 15/10/2010 14:52



On connaît les caprices des princes moins celui des gouverneurs de prison !



Cat 14/10/2010 10:00



Je découvre grâce à cet extrait de l'oeuvre de Stendhal  la musique en littérature sous un autre angle, inattendu.



Litteratus 14/10/2010 18:05



la musique en forme de signal !