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Gazette littéraire

La métaphore de la machine dans le Bonheur des dames (Zola)

 

la métaphore de la machine Zola

 

Repères : thème du commerce : l'étude

 

L'envers du décor

Il a été montré précédemment que le décor qui entoure le Bonheur des dames, grand magasin parisien de la fin du 19ème siècle, est fait pour attirer les femmes dans un univers de folie qui les pousseront à consommer plus que de raison. Mais l'envers du décor est sombre, impitoyable.

L'utilisation de la métaphore de la machine qui nous poursuit durant toute la lecture offre la meilleure illustration d'une situation humaine de grand précarité car cette entreprise commerciale broie sans aucun état d'âme la vie de ses salariés.

 

Les terribles conditions de travail

Les horaires de travail sont de treize heures par jour, la station debout une souffrance, la surveillance du personnel permanente. Les employés évidemment n'ont droit à aucun système de protection et de prévoyance. Par ailleurs, les motifs de congédiement s'énoncent dans l'arbitraire le plus absolu.

De surcroît, le travail dans un grand magasin est soumis est de plus saisonnier, l'entreprise congédiant à tour de bras le personnel inutile pour limiter les coûts. L'héroïne du roman Denise, simple vendeuse qui supporte les humiliations et les tracas injustifiés sent que sa position n'est pas assurée :

« Les sensations des premières semaines renaissaient, il lui semblait être un grain de mil sous une meule puissante ; et c’était, en elle, un abandon découragé, à se sentir si peu de chose, dans cette grande machine qui l’écraserait avec sa tranquille indifférence. Aucune illusion n’était possible : si l’on congédiait une vendeuse des confections, elle se trouvait désignée. » (chapitre VI)

Seul le système de rémunération revêt une vraie modernité puisqu'il est calculé à partir du montant des ventes effectuées, système hautement incitatif dans tous les sens du terme que ce soit pour permettre aux vendeurs zélés de s'élever au mérite ou aux contrôleurs payés en fonction des dénonciations de ne laisser aucun champ aux employés indélicats.

Le Bonheur des dames a mis en place un contrôle impitoyable des employés. Précisément, l'ambiance au travail n'a rien d'une sinécure...

 

Repères : thème du commerce : l'étude : la corruption des mœurs

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