Partager l'article ! La Littérature et la Presse : les prises de positions politiques (Charles Nodier): Le XIXème siècle est marqué pa ...
Bienvenue à tous sur le site de la Gazette Littéraire, journal à thèmes créé en 2009, destiné à donner envie de lire ou de relire des œuvres du patrimoine culturel français et étranger ! N'hésitez pas à laisser un commentaire, à partager les articles sur les différents réseaux sociaux et à vous abonner gratuitement.
Thème du mois de juin 2012 : le divertissement
Calendrier des articles du mois de juin 2012 :
du 1er au 2 juin 2012 : l'éditorial et le sommaire,
du 3 au 15 juin 2012 : présentation
du 16 au 26 juin 2012 : l'étude -la synthèse- la bibliographie,
du 27 au 30 juin 2012 : le feuilleton inédit : D'un divertissement à l'autre.
Index généraux de la Gazette Littéraire :
Index des études : 2009 - 2010- 2011-2012
Index des poésies et des textes en prose : 2009 -2010- 2011- 2012
Classement des 10 meilleurs articles
©litteratus-gazettelittéraire.com
Le XIXème siècle est marqué par des révolutions politiques de grande ampleur.
Prenons celle de 1830 qui a donné lieu au renversement de Charles X (frère de Louis XVI et de Louis XVIII). Ce dernier a en effet promulgué le 26 juillet 1830 cinq ordonnances attentatoires aux libertés publiques (suppression de la liberté de la presse, dissolution de la Chambre venant d'être élue, réduction du corps électoral, convocation à une nouvelle élection, nomination de fidèles aux postes-clé).
Le peuple de Paris dresse immédiatement des barricades. Il s'ensuit trois journées d'émeutes que les auteurs romantiques qualifient de «Trois Glorieuses», au terme desquelles l'héritier des Bourbons devra s'enfuir et laisser le trône à son cousin, le duc d'Orléans, futur Louis-Philippe. Ce dernier sera lui-même chassé du pouvoir en 1848.
Relisons l'amère constat fait par Charles Nodier, écrivain appartenant au courant romantique.
***
« Stupide est la foule qui s’ingère de participer aux grands mouvemens des affaires politiques; stupide, aveugle et insensée, car elle n’entrera jamais pour rien dans leurs résultats. Toute révolution qui échoue tourne au profit des pouvoirs qu’elle avait menacés; toute révolution qui réussit, au profit des avocats. Dans le premier cas, vous n’avez fait que river votre chaîne; dans le second, ce que vous croyez avoir conquis sur les aristocrates vous est repris par les sophistes. Vous avez transporté au péril de votre vie les dépouilles de la féodalité dans le vestiaire du sénat, et vous restez, quant à vous, ce que vous étiez devant : une mine bonne à exploiter, un troupeau bon à tondre, un peuple.
Le seul avantage que les révolutions aient pour les classes inférieures, et je conviens qu’il vaudrait la peine d’être acheté, si on ne le payait pas si cher, c’est de relever le caractère moral de l’homme en lui donnant pour objet une destination puissante et solennelle qui ne s’accomplira point, mais dont la pensée même a de l’énergie et de la grandeur. C’est une illusion de perspective, mais le prestige qui en résulte est déjà une conquête. Il est possible enfin, lorsque l’âme s’est élevée à cette hauteur, qu’elle réfléchisse encore long-temps après, jusque dans l’état d’abaissement où toute l’espèce ne tarde pas à retomber, quelque faible rayon de la dignité éphémère que les circonstances lui avaient donnée, comme l’histrion de province qui a ceint un moment la couronne d’Agamemnon, comme le manœuvre à la barbe touffue qui vient de poser pour Jupiter. (...) »
Les sociétés Populaires I, Charles Nodier (1780-1844), Revue des Deux Mondes, T1, 1831
source : http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Soci%C3%A9t%C3%A9s_populaires
Si vous avez aimé cet article, vous aimerez peut-être aussi Le Tour de France Littéraire : Arthur Young et Nancy
Derniers Commentaires