Partager l'article ! La littérature en mouvement : le déplacement (Mirbeau): Débutons notre série d'articles par la définition premi ...
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Thème du mois de juin 2012 : le divertissement
Calendrier des articles du mois de juin 2012 :
du 1er au 2 juin 2012 : l'éditorial et le sommaire,
du 3 au 15 juin 2012 : présentation
du 16 au 26 juin 2012 : l'étude -la synthèse- la bibliographie,
du 27 au 30 juin 2012 : le feuilleton inédit : D'un divertissement à l'autre.
Index généraux de la Gazette Littéraire :
Index des études : 2009 - 2010- 2011-2012
Index des poésies et des textes en prose : 2009 -2010- 2011- 2012
Classement des 10 meilleurs articles
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Débutons notre série d'articles par la définition première du terme mouvement.
Être en mouvement implique de manière effectivement tautologique de se... déplacer.
Déplaçons-nous ensemble en charmante compagnie avec un neurasthénique -autoproclamé- qui effectue un voyage d'agrément dans les Pyrénées afin de sacrifier à la mode.
Un petit chef d'œuvre d'ironie...
***
« L’été, la mode, ou le soin de sa santé, qui est aussi une mode, veut que l’on voyage. Quand on est un bourgeois cossu, bien obéissant, respectueux des usages mondains, il faut, à une certaine époque de l’année, quitter ses affaires, ses plaisirs, ses bonnes paresses, ses chères intimités, pour aller, sans trop savoir pourquoi, se plonger dans le grand tout. Selon le discret langage des journaux et des personnes distinguées qui les lisent, cela s’appelle un déplacement, terme moins poétique que voyage, et combien plus juste !... Certes, le cœur n’y est pas toujours, à se déplacer, on peut même dire qu’il n’y est presque jamais, mais on doit ce sacrifice à ses amis, à ses ennemis, à ses fournisseurs, à ses domestiques, vis-à-vis desquels il s’agit de tenir un rang prestigieux, car le voyage suppose de l’argent, et l’argent toutes les supériorités sociales.
Donc, je voyage, ce qui m’ennuie prodigieusement, et je voyage dans les Pyrénées, ce qui change en torture particulière l’ennui général que j’ai de voyager. Ce que je leur reproche le plus aux Pyrénées, c’est d’être des montagnes... Or, les montagnes, dont je sens pourtant, aussi bien qu’un autre, la poésie énorme et farouche, symbolisent pour moi tout ce que l’univers peut contenir d’incurable tristesse, de noir découragement, d’atmosphère irrespirable et mortelle... J’admire leurs formes grandioses, et leur changeante lumière... Mais c’est l’âme de cela qui m’épouvante... Il me semble que les paysages de la mort, ça doit être des montagnes et des montagnes, comme celles que j’ai là, sous les yeux, en écrivant. C’est peut-être pour cela que tant de gens les aiment. »
Les Vingt et un Jours d'un neurasthénique, Octave Mirbeau
http://fr.wikisource.org/wiki/Les_Vingt_et_un_Jours_d%E2%80%99un_neurasth%C3%A9nique/I
La suite : l'escalade (Flaubert)
Vous êtes bien dans la thématique consacrée au Mouvement
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