Partager l'article ! La Littérature en mouvement : l'escalade (Flaubert): Poursuivons notre explication sémantique ...
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Thème du mois de juin 2012 : le divertissement
Calendrier des articles du mois de juin 2012 :
du 1er au 2 juin 2012 : l'éditorial et le sommaire,
du 3 au 15 juin 2012 : présentation
du 16 au 26 juin 2012 : l'étude -la synthèse- la bibliographie,
du 27 au 30 juin 2012 : le feuilleton inédit : D'un divertissement à l'autre.
Index généraux de la Gazette Littéraire :
Index des études : 2009 - 2010- 2011-2012
Index des poésies et des textes en prose : 2009 -2010- 2011- 2012
Classement des 10 meilleurs articles
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Poursuivons notre explication sémantique engagée de manière impromptue de ce mois-ci avec le deuxième sens du terme mouvement : une escalade soit un mouvement par... le haut.
Apprécions l'effort de précision entrepris !
Il existe pléthore de textes littéraires sur ce point. La Gazette vous propose d'effectuer avec Flaubert un effort d'imagination pour comprendre les affres de la création.
Quoi de mieux que l'emploi d'une métaphore ascensionnelle ?
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"Enfin me revoilà en train ! ça marche ! la machine retourne ! Ne blâme pas mes roidissements, bonne chère Muse, j'ai l'expérience qu'ils servent. Rien ne s'obtient qu'avec effort ; tout a son sacrifice. La perle est une maladie de l'huître et le style, peut-être, l'écoulement d'une douleur plus profonde. N'en est-il pas de la vie d'artiste, ou plutôt d'une œuvre d'art à accomplir, comme d'une grande montagne à escalader ? Dur voyage, et qui demande une volonté acharnée ! D'abord on aperçoit d'en bas une haute cime. Dans les cieux, elle est étincelante de pureté, elle est effrayante de hauteur, et elle vous sollicite cependant à cause de cela même. On part. Mais à chaque plateau de la route, le sommet grandit, l'horizon se recule, on va par les précipices, les vertiges et les découragements. Il fait froid et l'éternel ouragan des hautes régions vous enlève en passant jusqu'au dernier lambeau de votre vêtement. La terre est perdue pour toujours, et le but sans doute ne s'atteindra pas. C'est l'heure où l'on compte ses fatigues, où l'on regarde avec épouvante les gerçures de sa peau. L'on n'a rien qu'une indomptable envie de monter plus haut, d'en finir, de mourir. Quelquefois, pourtant, un coup des vents du ciel arrive et dévoile à votre éblouissement des perspectives innombrables, infinies, merveilleuses ! à vingt mille pieds sous soi on aperçoit les hommes, une brise olympienne emplit vos poumons géants, et l'on se considère comme un colosse ayant le monde entier pour piédestal. Puis, le brouillard retombe et l'on continue à tâtons, à tâtons, s'écorchant les ongles aux rochers et pleurant dans la solitude. N'importe ! Mourons dans la neige, périssons dans la blanche douleur de notre désir, au murmure des torrents de l'esprit, et la figure tournée vers le soleil !"
Lettre à Louise Colet*, 16 septembre 1853, Flaubert, Correspondances
* Louise Colet, poétesse du XIXème siècle, maîtresse et muse de Flaubert.
La suite : le recul napoléonien (Hugo)
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