Présentation Générale de la Gazette Littéraire

Bienvenue à tous sur le site de la Gazette Littéraire, journal à thèmes créé en 2009, destiné à donner envie de lire ou de relire des œuvres du patrimoine culturel français et étranger ! N'hésitez pas à laisser un commentaire, à partager les articles sur les différents réseaux sociaux et à vous abonner gratuitement.

Thème du mois de juin 2012 : le divertissement

Retour sur les autres thèmes

SE REPERER DANS LA GAZETTE

Calendrier des articles du mois de juin 2012 :

du 1er au 2 juin 2012 : l'éditorial et le sommaire,

du 3  au 15 juin 2012 : présentation 

du 16 au 26 juin 2012 : l'étude -la synthèse- la bibliographie,

du 27 au 30 juin 2012 : le feuilleton inédit : D'un divertissement à l'autre.

 

Index généraux de la Gazette Littéraire :

Index des études :  2009 - 2010- 2011-2012

Index des auteurs

Index des poésies et des textes en prose : 2009 -2010- 2011- 2012

 

Les feuilletons

Classement des 10 meilleurs articles 

les bibliographies

Les coulisses de la Gazette

Quiz

Proverbes et citations

©litteratus-gazettelittéraire.com

Recherche sur la Gazette

Retour page d'accueil

Related Posts Plugin for WordPress, Blogger...

Syndication

  • Flux RSS des articles
Mercredi 17 février 2010 3 17 /02 /Fév /2010 11:02


Le Meunier de Sans-Souci ou la limitation du pouvoir absolu.

 

Le roi de Prusse voulait agrandir son domaine de Sans-Souci, mais un moulin gênait ses projets. Frédéric II fait convoquer le meunier et lui offre une somme importante pour acquérir le terrain. Celui-ci s'obstine à demeurer dans les lieux, refusant la proposition alléchante du souverain.

 

Une dispute célèbre va opposer le roi au meunier dans les termes suivants rapportés par Andrieu, poète dramatique :

 

"(...) On avait fait des plans, fort beaux sur le papier,

Où le chétif enclos se perdait tout entier.
Il fallait sans cela renoncer à la vue,
Rétrécir les jardins et masquer l’avenue.
  Des bâtiments royaux l’ordinaire intendant
Fit venir le meunier, et d’un ton important :
« Il nous faut ton moulin ; que veux-tu qu’on t’en donne ? —
Rien du tout ; car j’entends ne le vendre à personne.
Il vous faut, est fort bon... mon moulin est à moi...
Tout aussi bien, au moins, que la Prusse est au roi. —
Allons, ton dernier mot, bon homme, et prends-y garde. —
Faut-il vous parler clair ? — Oui. — C’est que je le garde :
Voilà mon dernier mot. » Ce refus effronté
Avec un grand scandale au prince est raconté.
Il mande auprès de lui le meunier indocile,
Presse, flatte, promet ; ce fut peine inutile :
Sans-Souci s’obstinait. « Entendez la raison,
Sire, je ne peux pas vous vendre ma maison :

Mon vieux père y mourut, mon fils y vient de naître ;
C’est mon Potsdam, à moi. Je suis tranchant peut-être :
Ne l’êtes-vous jamais ? Tenez, mille ducats,
Au bout de vos discours ne me tenteraient pas.
Il faut vous en passer, je l’ai dit, j’y persiste. »
  Les rois malaisément souffrent qu’on leur résiste.
Frédéric, un moment par l’humeur emporté :
« Parbleu, de ton moulin c’est bien être entêté ;
Je suis bon de vouloir t’engager à le vendre !
Sais-tu que sans payer je pourrais bien le prendre ?
Je suis le maître.Vous !... de prendre mon moulin ?
Oui, si nous n’avions pas des juges à Berlin. »

 

 Le monarque, à ce mot, revient de son caprice.
Charmé que sous son règne on crût à la justice,
Il rit, et se tournant vers quelques courtisans :
« Ma foi, messieurs, je crois qu’il faut changer nos plans.
Voisin, garde ton bien ; j’aime fort ta réplique. »

  Qu’aurait-on fait de mieux dans une république ?
Le plus sûr est pourtant de ne pas s’y fier :
Ce même Frédéric, juste envers un meunier,
Se permit maintes fois telle autre fantaisie :
Témoin ce certain jour qu’il prit la Silésie ;
Qu’à peine sur le trône, avide de lauriers,
Epris du vain renom qui séduit les guerriers,
II mit l’Europe en feu. Ce sont là jeux de prince ;
On respecte un moulin, on vole une province. »


François Andrieux (1759-1833), Le meunier de Sans-Souci, anecdote, wikisource.


  Si vous avez aimé cet article, vous aimerez peut-être Les variations du temps (III) : le temps suspendu (Lamartine) gazette-tetiere.jpg

 

 

Par LITTERATUS - Ecrire un commentaire - Publié dans : Vers et prose
Voir les 14 commentaires
Retour à l'accueil

Commentaires

Franchement je la trouve pas mal cette barre OB, elle me semble assez utile (y compris sur mon blog d'ailleurs). J'ai bien compris que cela en perturbait certains, je respecte leur point de vue - bien entendu - mais n'ai pas tout à fait cerné où était exactement le souci. La barre incite au partage et échanges et ç bien le but d'un blog... mais bon. A suivre et a+
PS: tu en penses quoi, toi?
Commentaire n°1 posté par PAscal le 20/02/2010 à 15h33
La même chose !
Réponse de LITTERATUS le 20/02/2010 à 17h56
Alors:
1. D'abord, j'ai jamais dit ca...
2. L'article est un poil long. Et je crois que tu appeles cela une litote... d'ou l'expression avoir une tete de litote.
3. La premiere illustration 'labyrinthe...' est tres bien.
Je suis fatigué... A+
Commentaire n°2 posté par Pascal le 19/02/2010 à 20h37
Repose-toi ce we ! amitiés
Réponse de LITTERATUS le 20/02/2010 à 12h35
Pas de souci, tu sais, tu peux garder la barre. Moi, ce sont uniquement les liens externes qui me gênent. Passe une belle soirée, Litteratus.
Commentaire n°3 posté par Quichottine le 19/02/2010 à 18h20
Bonne soirée à toi aussi !
Réponse de LITTERATUS le 19/02/2010 à 18h22
Merci à toi et à ton blog, je suis chaque jour un peu plus riche...
Bises
Commentaire n°4 posté par martine le 19/02/2010 à 15h36
Des encouragements comme cela, on en redemande... Un grand merci !
Réponse de LITTERATUS le 19/02/2010 à 18h06
Tu avais des renseignements incomplets et je te prie de m'en excuser.

Je complète ici.

Lorsque tu laisses les liens externes activés sur la barre OB, tu imposes cette barre aux visiteurs qui cliquent sur des liens chez toi, elle les suit dans leur voyage bloguesque et les empêche de trouver facilement l'adresse d'un article qui leur plaît.

Est-ce vraiment ce que tu désires ?

Bien sûr, chacun fait ce qui lui plaît.

Passe une bonne journée.
Commentaire n°5 posté par Quihottine le 19/02/2010 à 12h39
Je te remercie de toutes ces précisions. Pour être franche, je n'ai pas d'opinion formée sur le bien fondé ou non de cette barre OB ...

Avis aux lecteurs de la Gazette, si vous avez des objections, dîtes-le moi afin de la supprimer le cas échéant !
Réponse de LITTERATUS le 19/02/2010 à 18h07
Je ne connaissais pas ce poème... Merci !

...

Tu sais que tu peux désormais supprimer la barre OB de ton blog par un simple clic dans ton administration ? Si tu le désires bien sûr.

Configurer / mise en page / clic sur le petit marteau de la barre / cocher "désactiver la barre".
Ne pas oublier de désactiver les liens externes, aussi, en cochant la case qui va bien.
(http://forum.over-blog.com/thread-2681907.html)

Navrée pour le copier / coller.

Passe une bonne soirée. Bisous.
Commentaire n°6 posté par Quihottine le 19/02/2010 à 00h05
Merci pour ces précieux renseignements !
Réponse de LITTERATUS le 19/02/2010 à 12h29
un vrai despote, il l'aurait fait decouper en morceau ton meunier... sans lui proposer un seul ducat ! a+
PS: il y a une déco (de noel) en forme d'arrete...
Commentaire n°7 posté par Pascal le 18/02/2010 à 19h30
Le geste de Frédéric est aussi despotique que le reste  -  il joue au despote éclairé... Il peut tout se permettre, y compris le geste clément.
Une mine d'or, votre blog, Litteratus. 
Commentaire n°8 posté par flora le 18/02/2010 à 10h49
Merci Flora !
Réponse de LITTERATUS le 18/02/2010 à 12h27
Quel veau ce meunier ! Moi, je l'aurais fait écarteler. Motif : l'immobilisme nuit gravement à la santé. a+
Commentaire n°9 posté par Pascal le 17/02/2010 à 21h39
Tiens, un despote qui s'ignore !
Réponse de LITTERATUS le 18/02/2010 à 12h28
Quel courage ce meunier... d'autres auraient eu la tête tranchée pour moins que cela !
Commentaire n°10 posté par Val le 17/02/2010 à 18h36
Une leçon donnée aux puissants !
Réponse de LITTERATUS le 17/02/2010 à 19h04
Merci pour ce texte !
L'époque de la monarchie était une période cruelle : la vie des plus faibles était constamment soumise aux caprices des puissants. Certes tout n'est pas rose aujourd'hui, mais certains progrés sont indéniables !
Commentaire n°11 posté par Marie le 17/02/2010 à 15h47
Certes mais l'histoire du pot de fer contre le pot de terre a encore de bons jours devant elle...
Réponse de LITTERATUS le 17/02/2010 à 17h48
Voler tout une province, parce que ce Monarque n'a pas eu ce qu'il voulait, c'est typiquement la réaction d'un enfant capricieux !
Jean-Yves
Commentaire n°12 posté par Jean-Yves le 17/02/2010 à 15h33
D'un despote ...
Réponse de LITTERATUS le 17/02/2010 à 17h44
Bonjour L

Quelle jolie plume ! Je ne connaissais pas et suis séduite par cet extrait !

Bravo à ce meunier qui a su exposer et s'en tenir à son point de vue !

Bises et belle journée, Lyly
Commentaire n°13 posté par lyly le 17/02/2010 à 15h02
"Nous avons des juges à Berlin", maxime qui symbolise la résistance au despotisme même éclairé !
Réponse de LITTERATUS le 17/02/2010 à 17h09
Très intéressant ce texte que je ne connaissais pas. merci pour cette  découverte !
Commentaire n°14 posté par lizagrèce le 17/02/2010 à 12h21
Je suis con-tente !
Réponse de LITTERATUS le 17/02/2010 à 16h57
 
Créer un blog gratuit sur over-blog.com - Contact - C.G.U. - Rémunération en droits d'auteur - Signaler un abus - Articles les plus commentés