Partager l'article ! La justice humaine face au despotisme (IX) (Andrieux): Le Meunier de Sans-Souci ou la limitation du pouvoir absolu. ...
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Thème du mois de juin 2012 : le divertissement
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Le Meunier de Sans-Souci ou la limitation du pouvoir absolu.
Le roi de Prusse voulait agrandir son domaine de Sans-Souci, mais un moulin gênait ses projets. Frédéric II fait convoquer le meunier et lui offre une somme importante pour acquérir le terrain. Celui-ci s'obstine à demeurer dans les lieux, refusant la proposition alléchante du souverain.
Une dispute célèbre va opposer le roi au meunier dans les termes suivants rapportés par Andrieu, poète dramatique :
"(...) On avait fait des plans, fort beaux sur le papier,
Où le chétif enclos se perdait tout entier.
Il fallait sans cela renoncer à la vue,
Rétrécir les jardins et masquer l’avenue.
Des bâtiments royaux l’ordinaire intendant
Fit venir le meunier, et d’un ton important :
« Il nous faut ton moulin ; que veux-tu qu’on t’en donne ? —
Rien du tout ; car j’entends ne le vendre à personne.
Il vous faut, est
fort bon... mon moulin est à moi...
Tout aussi bien, au moins, que la Prusse est au roi. —
Allons, ton dernier mot, bon homme, et prends-y garde. —
Faut-il vous parler clair ? — Oui. — C’est que je le garde :
Voilà mon dernier mot. » Ce refus effronté
Avec un grand scandale au prince est raconté.
Il mande auprès de lui le meunier indocile,
Presse, flatte, promet ; ce fut peine inutile :
Sans-Souci s’obstinait. « Entendez la raison,
Sire, je ne peux pas vous vendre ma maison :
Mon vieux père y mourut, mon fils y vient de naître ;
C’est mon Potsdam, à moi. Je suis tranchant peut-être :
Ne l’êtes-vous jamais ? Tenez, mille ducats,
Au bout de vos discours ne me tenteraient pas.
Il faut vous en passer, je l’ai dit, j’y persiste. »
Les rois malaisément souffrent qu’on leur résiste.
Frédéric, un moment par l’humeur emporté :
« Parbleu, de ton moulin c’est bien être entêté ;
Je suis bon de vouloir t’engager à le vendre !
Sais-tu que sans payer je pourrais bien le prendre ?
Je suis le maître. — Vous !... de prendre mon moulin ?
Oui, si nous n’avions pas des juges à Berlin. »
Le monarque, à ce mot, revient de son caprice.
Charmé que sous son règne on crût à la justice,
Il rit, et se tournant vers quelques courtisans :
« Ma foi, messieurs, je crois qu’il faut changer nos plans.
Voisin, garde ton bien ; j’aime fort ta réplique. »
Qu’aurait-on fait de mieux dans une république ?
Le plus sûr est pourtant de ne pas s’y fier :
Ce même Frédéric, juste envers un meunier,
Se permit maintes fois telle autre fantaisie :
Témoin ce certain jour qu’il prit la Silésie ;
Qu’à peine sur le trône, avide de lauriers,
Epris du vain renom qui séduit les guerriers,
II mit l’Europe en feu. Ce sont là jeux de prince ;
On respecte un moulin, on vole une province. »
François Andrieux (1759-1833), Le meunier de Sans-Souci, anecdote, wikisource.
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PS: tu en penses quoi, toi?
1. D'abord, j'ai jamais dit ca...
2. L'article est un poil long. Et je crois que tu appeles cela une litote... d'ou l'expression avoir une tete de litote.
3. La premiere illustration 'labyrinthe...' est tres bien.
Je suis fatigué... A+
Bises
Je complète ici.
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PS: il y a une déco (de noel) en forme d'arrete...
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L'époque de la monarchie était une période cruelle : la vie des plus faibles était constamment soumise aux caprices des puissants. Certes tout n'est pas rose aujourd'hui, mais certains progrés sont indéniables !
Jean-Yves
Quelle jolie plume ! Je ne connaissais pas et suis séduite par cet extrait !
Bravo à ce meunier qui a su exposer et s'en tenir à son point de vue !
Bises et belle journée, Lyly