







Il existe dans l'histoire de l'art deux symboles qui représentent la justice : le glaive et la
balance.
La balance rappelle au juge l'exigence de mesure et d'équilibre. Le glaive signifie que la justice tranche un litige allant jusqu'à l'exercice de la violence physique, dans l'ancien temps...
Mais revenons à la littérature, ces symboles restent très présents dans l'imaginaire des auteurs. Découvrez un extrait d'une pièce de théâtre de Jean de Rotrou dénommé Bélisaire.
Rappelons brièvement l'intrigue : Bélisaire est un général byzantin qui doit affronter le dépit amoureux de l'épouse de l'empereur Justinien, la terrible Théodore (genre féminin). Dans ce passage, l'impératrice explique les raisons de sa haine liée au fait que le victorieux général exerce de fait un attribut du pouvoir royal : la justice.
« Je suis femme, et je hais; laisse agir ma vengeance.
Ne vois-tu pas qu'encor, pour comble de l'horreur
Que m'en a pu produire une juste fureur,
Il s'acquiert un pouvoir si près de l'insolence,
Qu'il tient seul de l'état le glaive et la balance ?
Je ne puis avancer Philippe mon parent
Que par le vil tribut des devoirs qu'il lui rend;
Si je le veux bien mettre en l'esprit d'Antonie*,
Cet orgueilleux y règne avecque tyrannie;
Sans son crédit enfin le mien est imparfait ;
Je suis reine de nom, et lui règne en effet.
Cette confession a passé ta louange
C'est d'où provient ma haine, et de quoi je me venge. »
Jean de Rotrou, Bélisaire, Acte I, scène III. (1643)
* maîtresse de Bélisaire
Thème de la justice : La justice
humaine (III) : un accusé hors du commun (Aristophane)
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