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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

La création des richesses : la force du travail (Marx)

 

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 Repères : thème du commerce dans la littérature

 

Analyse marxiste

Après avoir vu avec Voltaire la puissance du commerce, voyons aujourd'hui l'analyse de Marx sur la force du travail. La littérature s'est imprégnée des différents courants de pensée. Le marxisme n'a pas échappé à la règle.

La dénonciation de l'asservissement des ouvriers participe à cette vaste tentative de mettre l'humain au cœur de la société.

Encore faut-il comprendre les mécanismes économiques.

La disparité des échanges

Voyons les enjeux mis en lumière par Marx. De manière pédagogique, l'auteur explique que la richesse d'un commerce suppose la mise à disposition d'une activité productive par un ouvrier ou un paysan en contrepartie du paiement d'un salaire.

L'extrait qui est proposé ci-après met en lumière la disparité de l'échange entre employeurs et employés.

Dès le XIXème siècle la question de la redistribution des richesses était (déjà) au centre des préoccupations de tous...


***

"L’ouvrier reçoit des moyens de subsistance en échange de sa force de travail, mais le capitaliste, en échange de ses moyens de subsistance, reçoit du travail, l’activité productive de l’ouvrier, la force créatrice au moyen de laquelle l’ouvrier non seulement restitue ce qu’il consomme, mais donne au travail accumulé une valeur plus grande que celle qu’il possédait auparavant. L’ouvrier reçoit du capi­ta­liste une partie des moyens de subsistance existants. À quoi lui servent ces moyens de subsistance ? À sa consommation immédiate. Mais dès que je con­somme des moyens de subsistance, ils sont irrémédiablement perdus pour moi, à moins que j’utilise le temps pendant lequel ces moyens assurent mon existence pour produire de nouveaux moyens de subsistance, pour créer par mon travail de nouvelles valeurs à la place des valeurs que je fais disparaître en les consommant. Mais c’est précisément cette noble force de production nouvelle que l’ouvrier cède au capital en échange des moyens de subsistance qu’il reçoit ! Par conséquent, elle s’en trouve perdue par lui-même.

Prenons un exemple. Un fermier donne à son journalier 5 groschen-argent par jour. Pour ces 5 groschen, celui-ci travaille toute la journée dans les champs du fermier et lui assure ainsi un revenu de 10 groschen. Le fermier ne se voit pas seulement restituer les valeurs qu’il doit céder au journalier, il les double. Il a donc utilisé, consommé, les 5 groschen qu’il a donnés au journalier d’une façon féconde, productive. Il a précisément acheté pour ces 5 groschen le travail et la force du journalier qui font pousser des produits du sol pour une valeur double et qui transforment 5 groschen en 10 groschen. Par contre, le journalier reçoit à la place de sa force productive, dont il a cédé les effets au fermier, 5 groschen qu’il échange contre des moyens de subsistance qu’il consomme plus ou moins rapidement. Les 5 groschen ont donc été consommés de double façon, de façon reproductive pour le capital, car ils ont été échangés contre une force de travail qui a rapporté 10 groschen ; de façon improductive pour l’ouvrier, car ils ont été échangés contre des moyens de subsistance qui ont disparu pour toujours et dont il ne peut recevoir de nouveau la valeur qu’en répétant le même échange avec le fermier. Le capital suppose donc le travail salarié, le travail salarié suppose le capital. Ils sont la condition l’un de l’autre ; ils se créent mutuellement. (...)"
 

Travail salarié et capital, Karl Marx (1847)

http://fr.wikisource.org/wiki/Travail_salari%C3%A9_et_capital#Partie_V

 

Repères à suivre : introduction : un commerçant peu amène

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lizagrèce 08/04/2012 21:29


Par les temps qui courent, c'est bien de relire Marx


http://maisondeliza.over-blog.fr

Litteratus 11/04/2012 19:08



On y revient...