Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

La complicité dans la fratrie (Stendhal)

La complicité dans la fratrie (Stendhal)

Une complicité fraternelle

(repères : thème de la fratrie : introduction)

La fratrie offre l'expérience d'une première socialisation à l'enfant. C'est ainsi qu'une complicité entre frères et sœurs peut s'installer pour un temps ou pour la vie.

La Gazette vous propose de lire une lettre écrite par un éminent écrivain à sa jeune sœur Pauline. Il s'agit de Stendhal à sa cadette. Vous verrez que ce courrier nous semble si familier : on y trouve les préoccupations matérielles, les confidences et les secrets à conserver...bref, le quotidien d'une relation "normale" entre un frère et une sœur.

 Le témoignage d'une tendre complicité est aujourd'hui à l'honneur.

***

« Je compte beaucoup sur tes lettres, écris souvent à ton heureux frère. Que le bonheur ne peut-il s'envoyer dans une lettre ! Je t'enverrais bien vo­lontiers une part du mien. La seule chose qui puisse le troubler est le sentiment de ton ennui. Si tu étais heureuse et que je fusse sûr de ma pension (mais tu sens combien cette seconde nécessité est loin de la première), mon bonheur me semble­rait aussi inaltérable que parfait. Je me trouve étrange dans le bonheur, je sens que je n'y suis pas encore accoutumé : je me fais, par exemple, des joies infi­nies des moindres détails. Je te le répète, aie soin de mon bonheur en m'écrivant souvent, deux fois par semaine, la pre­mière chose venue. Adieu. Tâche de me faire envoyer deux cents francs le 1er fructidor. L'argent ne me paraît rien dans ce moment-ci, mais si j'en manquais, j'en sentirais le besoin.

Tâche vite de te marier, pour te donner par là droit à la protection de la société, et après laisse-moi faire fortune, nous serons heureux. Si mon père pouvait me faire donner trois mille francs de fonds dans deux mois, ces trois mille francs seraient peut-être devenus dix mille dans deux ans, mais cela n'est pas même proposable. Tâche seulement d'alimenter sa bonne volonté en présence de mon grand-père pour me donner des fonds dans deux ans ou dix-huit mois, quand il aura vendu. (..)
 

Lettres à Pauline, Stendhal

http://fr.wikisource.org/wiki/Stendhal_-_Correspondance_-_Tome_I


repères à suivre : la relation fusionnelle (Sand)

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article