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Publié par Litteratus

 

L'objet social des deux librairies : des livres anciens (Helene Hanff)

La librairie et ses livres

repères : thème de la difffusion : l'étude

 

Une spécialisation dans des livres "rares"

Résumé : il a été décrit l'aspect des deux librairies, objets de notre étude. L'une, vieillotte, est située à Londres, tandis que l'autre offre confort, espace et lumière. Il est temps de décrire l'objet social de ces deux boutiques...

 

***

Des librairies si dissemblables ?

Les deux librairies présentent de nombreux points communs ainsi qu'il le sera démontré ;

Il s'avère que la librairie du 84 Charing Cross Road affiche clairement sa spécialisation dans les livres rares et anciens lorsque celle du Bon Roman reste plus implicite. Cette dernière a pour ambition de ne proposer dans son catalogue que de « bons romans ». Nous verrons ensemble que sous ce vocable, l'objet social de cette librairie atypique va la conduire à proposer des auteurs « classiques », ce qui rapproche les deux boutiques...

 

Vente de livres anciens par correspondance

La librairie du 84 Charing Cross Road se présente comme une « librairie en livres anciens ». Sa spécialisation est ainsi bien précisée. On y trouve des ouvrages en langue anglaise de tout type : œuvres historiques, des romans, des manuels académiques comme ceux d'Oxford en vers ou en prose, des bibles... Mais cette librairie tournée vers des œuvres anciennes s'est ouverte au monde. Elle propose de manière ingénieuse un catalogue annuel qui permet d'embrasser l'impressionnante collection d'ouvrages. La rédaction de ce catalogue est quant à lui un chef d'œuvre d'érudition. Il faut en effet expertiser l'ouvrage en considérant certes l'état du livre, mais aussi sa date d'édition avant de pouvoir en fixer le prix. Franck Doel est en charge de ce travail d'orfèvre. La tenue d'un tel catalogue présente l'avantage d'être adressé sur demande partout dans le monde...

 

La librairie du 84 Charing Cross Road n'est pas cantonnée au seul marché national, elle a en effet eu l'intuition de développer son activité outre-atlantique en développant le commerce par correspondance. C'est précisément grâce à une réclame dans un revue littéraire new Yorkaise que va naître la relation épistolaire suivie entre une américaine extravagante et les membres de cette petite librairie. Scénariste en herbe, Helene Hanff qui n'est jamais allée à l'Université est avide de littérature anglaise. Par hasard, elle teste cette librairie en lui adressant une liste d'ouvrages introuvables sur le continent américain ou hors de portée de sa bourse.


C'est ainsi qu'elle découvrira avec enchantement que ses désirs peuvent être exaucés pour un prix modique. Elle n'hésitera pas à se « ravitailler » auprès d'eux quitte à houspiller le personnel de la librairie et notamment Franck Doel qui s'occupe d'elle personnellement. Cette dernière se fait adresser des anthologies de la poésie anglaise avant d'entrer dans des œuvres en prose, puis dans des romans. Ses centres d'intérêt s'avèrent -au fil du temps- éclectiques. C'est grâce aux trésors de cette librairie qu'Helene Hanff peut parfaire son éducation littéraire qui se fera pendant vingt ans par-delà l'Océan Atlantique...

 

L'effacement des distances

Helene Hanff se moque de la distance et de la complexité du processus qui consiste à dactylographier sa commande, à l'envoyer avec de l'argent liquide et enfin à attendre que l'ouvrage de ses rêves finissent par lui parvenir. Tout vient à point à qui sait attendre ! Notre cliente savoure avec une jouissance extrême les opus reçus. Elle considère qu'elle a trouvé un filon incroyable et le dit avec franchise et humour :

   "Pourquoi irais-je courir jusqu'à la 17ème rue pour acheter des livres crasseux et mal fichus quand je peux en acheter chez vous des tout beaux tout propres sans même quitter ma machine à écrire ? Londres et bien plus près de mon bureau que la 17ème rue"(page 28).

 

Cet aveu ne manque pas de sel lorsqu'on est sait qu'elle habite la 14ème rue ! Ces lettres feront le miel de son destinataire. Nous reviendrons sur ce personnage haut en couleur …

 

Il reste qu'à la différence de celle du 84 Charing Cross Road, la librairie parisienne du Bon Roman n'a pas pour objet de vendre de « vieux » livres. Elle affiche uniquement sa vocation à ne proposer à ses lecteurs que de « bons » romans. Mais il s'avère que ce projet littéraire va conduire implicitement à gommer la différence entre livres neufs et livres anciens... Les « bons » romans ne sont-ils pas à l'abri du temps ?

 

repères à suivre : L'objet social des deux librairies : les « bons » romans (Laurence Cossé)

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