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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

L'expérience du maquis durant la seconde Guerre mondiale (A.Jenni)

L'expérience du maquis durant la seconde Guerre mondiale (A.Jenni)

 

(Repères : thème de la guerre : l'étude)

Il a été évoqué dans le précédent article une rencontre décisive entre deux hommes, Victorien Salagnon, ancien d'Indochine et, le jeune narrateur, dans le roman d'Alexis Jenni, L'art français de la guerre. Un curieux arrangement s'établit alors entre les deux personnages, le plus âgé donne des leçons de peinture tandis que le plus jeune entreprend de narrer la vie du soldat sans trop connaître le résultat : « Mais je suis le narrateur ; alors je narre. » Découvrons la personnalité de Victorien Salagnon.

 

***

La singularité de Victorien Salagnon

La première chose que ressent Victorien, c'est bien sa singularité vis à vis de ses parents : le jeune garçon se sent totalement étranger à l'univers du petit commerce, fait de combines en cette période d'occupation allemande.

C'est que l'adolescent possède en lui déjà un univers propre que l'imaginaire tend à façonner. Il aime ainsi les grands horizons, les récits de batailles antiques qu'il est contraint de traduire en classe. Il aimera par la suite l'Odyssée d'Homère.

 

Mais par-dessus tout, il adore dessiner. Il ne sait pas encore que cette passion sera sa planche de salut dans les nombreuses épreuves qu'il aura à subir.

Mais pour l'heure, dans ce contexte familial, seul son oncle exerce une influence profonde sur notre héros. C'est lui qui le fait entrer au maquis pour échapper à l’enrôlement dans les usines allemandes (STO).

Là, il y apprend le maniement des armes tout en dessinant de manière frénétique durant les heures d'attente. Évidemment, le jeune homme participe activement aux attaques de convois allemands.

Il expérimente la peur durant les phases de combat et la joie à leur issue :

« Devant le porche de l'église, tout au bout du village d'où l'on voyait la campagne d'alentour, Salagnon dut s'asseoir ; ses muscles tremblaient, ses membres ne le portaient plus, il transpirait. L'eau coulait hors de lui comme si sa peau n'était qu'un gaze de coton, il ruisselait, et cela puait, il collait. Assis, les mains serrés sur son arme pour qu'elle au moins ne tremble pas, il pensa à Mercier laissé dans la rue, tué au vol, par malchance. Mais il fallait bien que quelqu'un d'entre eux meure, c'était la règle immémoriale, et il ressentit l'immense joie, l'immense absurdité d'être resté vivant. «  (page 210).

 

Il sera blessé durant la campagne de libération. Il intègre l'armée après son admission dans une école militaire. Il devient lieutenant et part en Allemagne en 1945.

 

Le silence intérieur

Pour dessiner, le jeune Salagnon a besoin de s'isoler, de faire silence à l'intérieur de lui. La vie militaire, ainsi qu'il le dit lui-même « permet de telles absences, ou les impose à ceux qui ne le souhaitent pas. » (page 215).

 

Il mène une vie dense à un rythme décousu, ce qui lui convient.

Il possède cette force que d'autres n'ont pas et qui lui permet de tout supporter. Il sait regarder et ce qu'il voit le rend témoin de l'histoire qui se joue, là, sur ses yeux. Il « regarde. » (page 381).

C'est aussi au travers de la transcription fidèle ou imagée réalisée par ses traits de dessin, qu'il communique durant douze années avec Eurydice, la femme qu'il aime.

N'ayant pas d'autre alternative dans sa vie, il se réengage dans l'armée et part en... Indochine.

 

Repères à suivre : l'étude : Le conflit en Indochine (Alexis Jenni)

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