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Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

L'exercice de la profession de libraire : la gestion du stock (Helene Hanff/Laurence Cossé)

L'exercice de la profession de libraire : la gestion du stock (Helene Hanff/Laurence Cossé)

 

 

La gestion du stock d'une librairie

repères : thème de la diffusion : l'étude

 

Résumé : Il a été indiqué dans l'article précédent que les deux librairies, objets de l'étude, se sont pas si dissemblables. Il a été indiqué que celle du 84 Charing Cross Road affichait sa spécialisation dans les livres anciens et les expédiaient par correspondance dans le monde entier. La librairie Au bon roman s'est constituée quant à elle sur l'idée de ne vendre que les meilleurs romans, avec un certain nombres d'auteurs classiques, en constituant un catalogue d'œuvres. Il reste à aborder aujourd'hui la question clé de la gestion du stock...

***

 

Les deux librairies se trouvent confrontées à la constitution et à la gestion de leur stock. Il s'avère que l'une comme l'autre recourent à la technique de la «chasse aux livres » pour permettre de tendre à la concrétisation de leur offre exigeante. Reprenons d'abord ce point outre-Manche avant de voir les outils modernes de gestion utilisés par la librairie parisienne.

 

La « chasse aux livres »

La librairie du 84 Charing Cross Road œuvre au renouvellement de son stock par une bien étrange pratique : la chasse aux livres. Il est question de prospections dans la campagne anglaise mais cette recherche n'a rien de bucolique. Il s'agit de parcourir de riches manoirs à la recherche de bibliothèques privées entières à céder en bloc ou en partie. Dans le contexte de l'après-guerre, la vente de livres anciens a permis la remise en circulation d'ouvrages rares et de toute beauté. C'est une grande partie du travail de Frank Doel qui parcourt durant plusieurs semaines la campagne à l'effet de reconstituer le stock de la librairie.

 

Ses trouvailles sont à la fois très éclectiques et de très bonne qualité. Helene Hanff mesure la chance incroyable qu'elle a de posséder des ouvrages uniques :

 

« Seigneur, soyez béni pour ces vies de Walton. C'est incroyable qu'un livre publié en 1840 puisse être dans un état aussi parfait plus de cent ans plus tard. Elles sont si belles, ces pages veloutées, coupées à la main que je compatis avec le pauvre William T. Gordon qui a inscrit son nom sur la page de garde en 1841, quelle bande de minables devaient être ses descendants pour vous vendre ce livre, comme ça, pour une bouchée de pain. »  (page 73).

 

Il reste que la crise économique autorisait aussi les libraires à utiliser des pages de livres abîmés comme simple emballage au désespoir de notre cliente, puriste dans l'âme (page 31).

 

Mais qu'en est-il de la constitution du stock dans notre libraire parisienne ?

 

Un stock de nature hétérogène

La synthèse des huit listes a donné lieu à la constitution -au départ- d'un stock de trois mille cinq cents ouvrages référencés. Ce nombre va connaître un nouvel ajustement à la hausse. Il reste que ces livres ne sont pas tous disponibles et qu'ils vont devoir être trouvés par différents canaux.

 

En effet, si l'on trouve les plus connus chez les éditeurs actuels qui continuent à les publier, que ce soit sous format de poche ou dans de belles collections, il n'en va pas de même pour tous les romans. A côté de ces « classiques » toujours en vogue, le catalogue comprend aussi des ouvrages qui n'ont pas connu la même fortune. Ils sont indisponibles et donc introuvables. C'est ainsi que des chefs d'œuvres absolus deviennent des livres « oubliés » (page 177).

 

Il appartient à Ivan de se mettre en quête de ces romans « perdus » auprès d'un réseaux de bouquinistes. On trouvera donc en rayon de nombreux ouvrages d'occasion, ce qui rapproche cette librairie de celle du 84 Charing Cross Road.

 

En bon libraire prévoyant, Ivan tient à la qualité de son fonds qui ne le sera vraiment qu'avec une quantité de stock suffisant : la taille de la librairie offre cette possibilité inouïe :

 

« le grand luxe pour un libraire, c'est d'avoir en stock assez d'exemplaires de tous les livres qu'il propose pour ne jamais manquer d'aucun. En général, c'est impossible, du fait du manque de place dans les librairies. Mais puisque nous avons la chance d'avoir des locaux vides, je commanderai bien nos livres en plusieurs exemplaires, du moins les plus célèbres des titres. Avec un stock bien étudié, nous éviterons les ruptures. » (page 179)

 

C'est bientôt l'heure du lancement de la librairie parisienne...

 

repères à suivre : l'exercice de la profession de libraire : les opérations et pratiques commerciales (Helene Hanff/Laurence Cossé)

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