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Publié par Litteratus

L’amour aux prises avec le vieillissement du corps (Gabriel Garcia Marquez)

 

L’amour en butte aux ravages du temps

Repères : thème de la vieillesse : l’étude

Résumé : Il a été indiqué dans l’article précédent que l’étude de ce mois portera sur la vieillesse, un âge d’or. Il sera proposé de lire deux ouvrages dissemblables mais qui ont pour originalité de conjuguer la vieillesse et l’amour :

  • L’amour aux temps du choléra, roman publié en 1985 par Gabriel Garcia Marquez,  
  • La femme coquelicot, roman publié en 1997 par Noëlle Chatelet.

Il sera question de voir comment nos deux héroïnes vont répondre à cet amour au crépuscule de leur vie.

Entrant dans le vif du sujet avec L’amour aux temps du choléra de Gabriel Garcia Marquez, nous avons considéré que c’était le roman de l’attente d’un ancien fiancé, Fiorentino Ariza, qui finit par déclarer une nouvelle fois sa flamme à celle qu’il aime obstinément depuis cinquante ans et qui vient juste de perdre son époux. Mais celle-ci saura–t-elle répondre à cet amour hors du temps ?

***

Le réveil d’un sentiment

Fermina Daza reçoit cette déclaration d’amour avec irritation. Irritation contre l’importun qui ose commettre un tel sacrilège dans sa maison nouvellement endeuillée mais également contre elle-même. Il lui revient en plein cœur les circonstances qui l’ont conduite à repousser le jeune homme :

« Jamais jusqu’en cet instant elle n’avait eu la pleine conscience du drame qu’elle avait elle-même provoqué alors qu’elle avait à peine dix-huit ans et qui devait la poursuivre jusqu’à sa mort. » (page 71)

Il faut dire qu’elle s’est efforcée d’alléger le poids de la culpabilité et au fil du temps, elle y a réussi en se bornant à mesurer les succès professionnels de son ancien fiancé. Elle a fini même par occulter purement et simplement leur ancienne romance. C’est donc avec un véritable effarement qu’elle voit ressurgir du passé une histoire d’adolescents enfouie dans sa mémoire. Elle n’a qu’une seule ressource disponible, celle de renvoyer l’indélicat avant de sombrer dans des pleurs intarissables. Elle se voit appelée à attendre la mort dans une solitude immense. Loin de se perdre dans son chagrin, elle se surprend au contraire à rêver pour la première fois depuis un demi-siècle à celui qui a causé ses premiers émois. Elle voit alors à son insu se réveiller un sentiment enfoui au plus profond d’elle-même. Mais la sombre réalité s’invite dans ces retrouvailles insolites.

L’usure des corps

La promesse d’amour telle une vague se brise contre les parois d’une réalité incontournable. Les deux amants sont entrés dans le crépuscule de leur vie. Depuis des années déjà, ils sont aux prises avec l’usure de leur corps, ces « griffures de la vieillesse » (page 280).

Dès ses quarante ans, Fiorentino devient chauve, perd ses dents et souffre de douleurs diffuses dans tout son être. Dans l’état de décrépitude qui l’atteint, il cherche à s’économiser, à se ménager pour réussir le projet de sa vie. Il bénéficie à cet égard d’une chance qu’on mesure souvent trop rarement : c’est celle d’avoir toujours fait vieux avec sa manière de s’habiller et sa gestuelle naturelle. Notre fiancé est donc pour son âge assez bien conservé au jour où il se présente pour faire sa déclaration d’amour. En toute hypothèse, il essaye de faire abstraction de tous ses maux pour se projeter dans l’avenir. Du côté de son aimée, les ravages du temps ne l’ont pas davantage préservée. Ils ont été scrupuleusement notés par l’amoureux transi qui l’a vu se courber, trébucher avec ses petits pas de vieille dame qui se néglige. « (…) il reconnaissait les sévices du temps moins dans sa propre chair qu’aux changements imperceptibles qu’il remarquait chez Fermina Daza chaque fois qu’il la voyait. » (page 292).

C’est dans ces circonstances que Fermina Daza cherche à oublier son ancien fiancé en pleurant littéralement son mari, en vain. Elle se sent perdue :

« C’est pourquoi, à un âge où tous deux n’avaient rien à attendre de la vie, la réaffirmation dramatique d’un amour qui pour elle n’avait jamais existé la prit au dépourvu. » (page 362) Son tempérament volcanique la conduit à écrire une lettre lourdes d’injures à Fiorentino. Mais elle ne sait pas qu’on ne décourage pas si facilement un éternel fiancé …

 

Repères : l’étude : le roman de la conquête (Gabriel Garcia Marquez)

Commenter cet article

lizagrèce 20/05/2014 21:13

Il avait juste 18 ans il était fort comme un homme /... J'ai mis de l'or dans mes cheveux et du noir sous mes yeux - ça l'a fait rire ....