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Publié par Litteratus

 

 

  Happy end dans le Hertfordshire (Austen)

 

 

Repères : Tour d'Angleterre : le Hertfordshire

 

Nous avons quitté le Derbyshire pour une contrée proche du Grand Londres, le Hertfordshire. Nous voici à la fin du roman qui présente diverses péripéties. Il a été indiqué dans l'article précédent qu'Elizabeth Bennet était tombée amoureuse de l'homme qu'elle avait pourtant éconduit. Il se trouve qu'un évènement contrecarre à nouveau le projet matrimonial. 


L'attitude scandaleuse de Lydia Bennet qui s'est enfuie avec un homme a mis en péril la réputation de toutes ses autres sœurs, appelées à en payer le prix fort.

 

Ce n'est que sur l'entremise "providentielle" de Mr Darcy que le mariage de l'écervelée et de son amant a été célébré.

Il est maintenant temps de connaître le dénouement du roman.

La scène finale se situe au moment où Elizabeth Bennet remercie M.Darcy de son initiative qui a permis à sa sœur aînée de se fiancer...

***

« M. Darcy, je suis une égoïste, et le désir de soulager mon cœur, me force peut-être à vous causer de la peine ; mais je ne saurais me taire davantage : oui ! il me faut vous remercier de votre bonté envers ma pauvre sœur ; dès que ce bienfait a été connu de moi, j’ai désiré sincèrement vous dire combien j’en suis reconnaissante ; s’il était également su du reste de ma famille, ma gratitude ne serait pas la seule que j’aurais à exprimer.

» — Je suis fâché, extrêmement fâché, répondit Darcy d’un ton qui marquait et sa surprise et son émotion, que vous ayez été instruite d’une chose, qui, mal interprétée, pouvait vous causer de l’inquiétude : je ne pensais pas qu’on pût si peu se fier en Mme Gardener.

» — Ne blâmez pas ma bonne tante ! Lydia m’a d’abord, inconsidérément, appris que vous aviez eu quelque part à cette affaire, et naturellement je n’ai pu avoir de repos que je n’en connusse tous les détails : laissez-moi au moins une fois vous remercier, au nom de toute ma famille, de cette généreuse compassion qui vous a fait prendre tant de peine et supporter de si vives mortifications pour découvrir leur retraite.

» — Si vous voulez me remercier, répondit-il, que ce soit pour vous seule. Le désir de vous causer quelque joie a pu, je l’avoue, être un des motifs qui m’ont guidé dans cette circonstance ; mais vos parens ne me doivent rien ; encore que je les respecte sincèrement, je n’ai jamais songé qu’à vous. »

Élisabeth était si troublée, qu’elle ne put prononcer un seul mot. Après une courte pause, Darcy continua : « Vous êtes trop généreuse pour vous jouer de moi ; si vos sentimens sont encore ce qu’ils étaient au mois d’avril dernier, dites-le-moi franchement ; mes désirs, mes affections n’ont point changé, mais un mot de vous les forcera pour jamais au silence. »

Sentant tout ce qu’avait de pénible et d’embarrassant la position de Darcy, elle sut vaincre son émotion, et aussitôt, quoique avec hésitation, elle lui donna à entendre que depuis l’époque qu’il désignait, ses sentimens avaient éprouvé un changement suffisant, pour lui faire recevoir, avec reconnaissance et avec plaisir, les vœux qu’il lui adressait : réponse délicieuse ! qui le combla d’une joie telle, que sans doute il n’en avait jamais éprouvé de pareille : aussi l’exprima-t-il avec une chaleur, une sensibilité qui ne sauraient être bien comprises que par celui-là seul qui a sincèrement aimé. Si Élisabeth avait pu lever ses regards sur les siens, elle aurait vu combien cette douce expression de bonheur, répandue dans tous ses traits, en tempérait agréablement la dignité ; mais si elle ne put le regarder, du moins elle savait l’écouter ; et il l’entretenait de sentimens, qui, en prouvant combien elle lui était chère, rendaient à chaque instant son attachement plus précieux."

Orgueil et préjugés, Austen (chapitre 58)

http://fr.wikisource.org/wiki/Orgueil_et_Pr%C3%A9vention/58

 

 

  repères à suivre : Oxfordshire

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