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Publié par Litteratus

Glorification de l’industrie (Weustenraad)

 Religion de l'homme : l'industrie...

 

Repères : thème de l’industrie : présentation

 

Le temple du travail

Dans l’article précédent, nous avons montré la dénonciation par Flora Tristan de la misère du prolétariat anglais dans son ouvrage Promenades à Londres publiés en 1840. Il est intéressant de découvrir aujourd’hui une vision exactement opposée émanant d'un poète français.

Nous avons ainsi trouvé un poème publié en France à la même date et qui, au lieu de la condamner, glorifie au contraire l’industrie avec un lyrisme de bon aloi. L’industrie, le temple du travail, apparaît comme un progrès, une nouvelle sorte de religion humaine, "le travail est divin" dit le poète.

Notons pour contrebalancer l'effet de ce poème que la France n’était qu’au début de sa révolution industrielle…

***

Harmonie
Le travail est divin.



Gloire à la puissante Industrie,
Reine de la terre et des eaux !
L’homme enfin comprend son génie,
Il ose admirer ses travaux ;
Le cri du sol sous la charrue,
Du marbre enlevé par la grue,
Du bronze frappé du marteau,
Pour son oreille a plus de charmes
Que le canon d’un peuple en armes,
Tonnant sous un sanglant drapeau !
 
Que j’aime à voir sur nos rivages
Le temple vivant du Travail
Resplendir sous de verts ombrages,
Frais ornement de son portail,
Régner sur nos plaines fumantes,
Du haut de ses tours flamboyantes,
Du haut de ses noirs minarets,

Fiers de se mirer dans un fleuve
Qui porte aux cités qu’il abreuve
Tous les trésors d’un saint progrès !

Jadis le Ciel dans sa tendresse
Couronnait d’un azur plus doux,
Ces monts d’où l’antique sagesse
Descendit au milieu de nous ;
Il aimait à parer leurs cimes,
Leurs flancs, leurs rochers, leurs abîmes
D’un éternel manteau de fleurs,
Et faisait jaillir de leur base
Des sources qui versaient l’extase
Aux poëtes comme aux pasteurs.

Non moins propice à ma patrie
Qu’il enrichit de ses bienfaits,
Partout où. la noble Industrie
Elève un autel à la Paix,
Il prodigue encor sans mesure
Et les splendeurs de la nature,
Et les trésors de sa bonté,
Tributs réservés au courage
Qui sait agrandir l’héritage
Promis à la postérité.

(…)

Payé d’un retour généreux,
L’homme reçoit avec usure
Le prix d’un sort laborieux ;
Il s’unit au vœu de la terre,
Il s’unit au Dieu qu’il révère,
Par des liens toujours plus doux,
Et chaque progrès qui l’honore,
Embellit et resserre encore
Ce lien, le plus saint de tous.

Poésies Lyriques, Weustenraad

http://fr.wikisource.org/wiki/Harmonie

 

repères à suivre : présentation : la mine 

 

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