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Gazette littéraire

Les ravages du feu (Sénèque)

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Un incendie conduit à une perte effroyable et irréversible.

 

La Gazette a consacré au mois de mars 2011 un article à un sinistre célèbre dans l'Histoire  dans le cadre de sa thématique consacrée au livre : la destruction de la bibliothèque d'Alexandrie (Egypte).

 

Rappelons au départ le projet incroyable mis en oeuvre par Ptolémée visant à conserver toutes les œuvres écrites sur tous les supports possibles.

 

Cette entreprise unique en son genre périt par les flammes lors de l’attaque romaine de 48 avant J.-C, puis, à nouveau après de multiples reconstructions...

 

Cette bibliothèque mise en cendres est restée comme une plaie à vif dans la mémoire collective.


Lisons néanmoins ce qu'en dit Sénèque en bon stoïcien : de l'art de lire pour son seul profit !


***

 

"Les dépenses occasionnées par les études, et qui sont les plus honorables de toutes, ne me paraissent raisonnables qu’autant qu’elles sont modérées. Que me font ces milliers de livres, ces bibliothèques innombrables, dont, pour lire les titres, toute la vie de leurs propriétaires suffirait à peine ? Cette multiplicité des livres est plutôt une surcharge qu’un aliment pour l’esprit ; et il vaut mieux s’attacher à peu d’auteurs, que d’égarer, sur cent ouvrages, son attention capricieuse.

Quatre cent mille volumes, superbe monument d’opulence royale, ont été la proie des flammes à Alexandrie. Que d’autres s’appliquent à vanter cette bibliothèque appelée par Tite-Live le chef-d’œuvre du goût et de la sollicitude des rois. Je ne vois là ni goût, ni sollicitude : je vois un luxe littéraire , que dis-je, littéraire ? ce n’étaient pas les lettres, mais l’ostentation qu’avaient eue en vue les auteurs de cette collection. Ainsi, tel homme, qui n’a pas même cette teinture des lettres qu’on exige dans les esclaves, a des livres qui, sans jamais servir à ses études, sont là pour l’ornement de sa salle à manger. Qu’on se borne donc à acheter des livres pour son usage, et non pour la montre."

Sur la tranquillité de l'âme, Sénèque, traduction Charpentier-Lemaistre, 1860

http://fr.wikisource.org/wiki/Sur_la_tranquillit%C3%A9_de_l%27%C3%A2me#II.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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flora 06/08/2011 20:41



Sénèque fait la fine bouche mais les grandes bibliothèques sont quand-même les temples du possible: on n'est pas obligé de lire tous les livres!...



Litteratus 07/08/2011 21:47



oui, vous avez raison !



lizagrèce 05/08/2011 08:51



La bilbiothèque, le phare ... Tout disparaît en Alexandrie ... Sauf Alexandra ...



Litteratus 06/08/2011 16:36



Vive le disco !