Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Gazette littéraire

Analyse-Livres & Auteurs-Culture

Du Commerce des livres : la censure des ouvrages (Voltaire)

4843677050_1dc4c964ed.jpg

Repères : thème du livre

Poursuivant notre tour d'horizon, il convient de relever que de tout temps, il a toujours existé deux sortes de livres :

- ceux qui "plaisent " car ils sont communément acceptés que ce soit par les autorités politiques ou religieuses ou -de nos jours- par le public et/ou la critique,

- et ceux qui "déplaisent" aux susnommés car ils sont réputés subversifs, "condamnables" et cela pour différentes raisons...

Intéressons-nous aujourd'hui à ceux qui n'ont pas connu un chemin rectiligne de l'imprimerie au rayonnage d'une bibliothèque et qui ont été censurés pour des motifs indignes teintés d'intolérance...

Relisons sur ce point le court extrait de Micromégas, conte philosophique de Voltaire, en précisant que cet auteur immense a fait personnellement les frais de la censure comme son ennemi juré, Rousseau et bien d'autres...

Mais revenons à notre sujet  !

Personnage extraordinaire dont l'échelle de vie se compte par millier d'années, Micromégas (étymologiquement petit-grand) dispose d'une intelligence vive qui le pousse à la rédaction d'un ouvrage sérieux mais qui a un énorme défaut, celui de ne pas... plaire au grand Muphti !

Apprécions ensemble l'ironie de Voltaire !

***

"Vers les quatre cent cinquante ans, au sortir de l’enfance, il disséqua beaucoup de ces petits insectes qui n’ont pas cent pieds de diamètre, et qui se dérobent aux microscopes ordinaires ; il en composa un livre fort curieux, mais qui lui fit quelques affaires. Le muphti de son pays, grand vétillard, et fort ignorant, trouva dans son livre des propositions suspectes, malsonnantes, téméraires, hérétiques, sentant l’hérésie, et le poursuivit vivement : il s’agissait de savoir si la forme substantielle des puces de Sirius était de même nature que celle des colimaçons. Micromégas se défendit avec esprit ; il mit les femmes de son côté ; le procès dura deux cent vingt ans. Enfin le muphti fit condamner le livre par des jurisconsultes qui ne l’avaient pas lu, et l’auteur eut ordre de ne paraître à la cour de huit cents années."

Micromegas, Voltaire

http://fr.wikisource.org/wiki/Microm%C3%A9gas

 

Repères à suivre : Rollinat 

Retour à l'accueil

Partager cet article

Repost0
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article

lizagrèce 06/03/2011 22:31



Depuis le sicèle de Voltaire avons-nous toujours le même muphti :" grand vétillard et fort ignorant " ?



Litteratus 07/03/2011 13:40



on a le "politiquement correct" qui est une forme de censure...



flora 06/03/2011 10:12



Au fondement de la censure: ignorance, peur et calcul politique...



Litteratus 06/03/2011 18:38



le trio perdant !